« À vouloir tirer le drap à soi avec trop de véhémence, on risque de tomber du lit! »

(Malcolm de Chazal, Pensées 4, 1943)

Dans ce pays, ils ne semblent pas trop savoir que faire de toi. Plutôt de nous – parce que tu es mon frère. Êtres misérables – à leurs yeux – qui travaillent à même la chaussée.  Ils veulent d’un pays à hauts revenus, où ils peuvent fanfaronner avec les  grands de ce monde. Pour flatter leur ego, quoi ! De nous, ils ne semblent guère se soucier. À cause de nos bas salaires. De nos p’tits métiers à l’heure de la haute technologie. De notre culture traditionnelle. Ce qu’ils prennent pour une honte qu’ils auraient tant aimé mettre sous le tapis, loin des regards…

Ismaël Nazir

Pourtant, il y a de la place pour tout le monde ici dans ce beau pays. Sous le soleil. Les riches comme les pauvres, peu importe l’ethnie. Pour toutes les cultures. Pour tous ceux qui y sont nés ou pas. C’est cela, la véritable diversité. C’est cela, la fraternité, la solidarité humaine. L’humanité est une. Tous les hommes sont frères. C’est le Tout-Puissant qui l’a voulu ainsi. Qu’il soit ainsi ! Mais, ta culture, notre culture, ils s’en fichent carrément. Ils ne comprennent pas qu’il faut de tout pour faire un monde.

Opposons-les donc, mon frère. Par nos voix. Par nos écrits. Par notre intelligence. Car ils se servent de nous pour tirer la couverture à eux. En cela, ils sont tous pareils. Pourquoi ne respectent-ils pas les mœurs d’autrui? Pourquoi ne facilitent-ils pas la vie des gens ?

Cependant, ils ne sont pas tous des écervelés ; il y a bien des gens intelligents parmi eux. Par leur silence, attention que ces derniers ne se rendent complices de l’oppression! De la grande souffrance de tous ces malheureux, de tous ces pères et mères de famille qui se sentent lésés, frustrés dans leurs aspirations légitimes.

Je voudrais, mon frère, que mon soutien soit aussi une marque de reconnaissance. Marque de reconnaissance  pour l’asile accordé aux premiers musulmans qui furent persécutés à cause de leur foi. Et ce par les païens arabes du VIIe siècle. Asile accordé par le pieux Négus, descendant de Ménélik, ce fils du sage roi-prophète hébreu Salomon. Salomon, lui-même, était le descendant des fils d’Israël (Paix soit sur eux deux!) et de Bilqis, la reine de Saba (aujourd’hui, le Yémen ensanglanté, d’où venaient mes ancêtres).