Toshiba a vu le jour en 1875 à Tokyo. Près de 140 ans plus tard, le constructeur est devenu un acteur incontournable de la scène techno. De l’aspirateur à l’ordinateur portable, en passant par les puces électroniques et les téléviseurs, retour sur ce géant industriel.
“Une usine sans centre de recherche est comme un insecte sans antenne.” Cette phrase inspira la philosophie du groupe japonais Toshiba, un conglomérat dont les origines remontent à près de 140 ans et sont relatées dans un musée à Kawasaki, en banlieue de Tokyo.
Tout débute en 1875 à Ginza, au centre de Tokyo, un quartier aujourd’hui huppé où un certain Hisashige Tanaka, un passionné de poupées-automates, installe son usine de télégraphes. L’homme avait déjà montré son génie avec la man nen dokei, littéralement la “pendule de 10,000 ans”, une machine à égrener le temps, d’une précision déconcertante, conçue en 1851, et dont les scientifiques japonais n’ont réussi à percer le mystère qu’en 2005.
Parallèlement à M. Tanaka, Ichisuke Fujioka et Shoichi Miyoshi créent en 1890 la société Hakunetsu, une firme spécialisée dans les ampoules à incandescence qui s’installera plus tard à Kawasaki. La fusion de ces deux entreprises en 1939 donnera naissance à Tokyo Shibaura Electric, qui deviendra Toshiba en 1978.
Dans les années 1930, influencée par l’industrie occidentale, la société Tanaka, rebaptisée Shibaura, fabrique le premier aspirateur, le premier réfrigérateur et la première machine à laver électriques nippons. “Ce lave-linge marche toujours”, souligne Junji Nakayama, directeur du Musée des sciences de Toshiba, à Kawasaki. Actionné, l’engin fait cependant un boucan d’enfer.
Ce n’est pas le seul vestige électroménager avant-gardiste de l’époque et encore fonctionnel conservé en ce lieu récemment ouvert au public. Mais c’est un des rares qui aient précédé la guerre, avant que le gouvernement japonais n’interdise aux entreprises de fabriquer des appareils domestiques, afin de réserver les matériaux aux équipements jugés indispensables pour “l’effort de guerre”.