Photo illustration. (Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)

Ils ont été testés positifs au Covid-19 et s’en remettent à l’hôpital en ce moment. L’épreuve a été douloureuse pour eux et leurs proches. Confiants de s’en sortir, citoyens, infirmiers, employés de bateaux de croisières, directeurs d’entreprise et autres nous racontent.

En première ligne contre le Covid-19, Kris, infirmier âgé de 30 ans, a été infectés par le virus. “Les Mauriciens doivent prendre conscience que l’on guérit du coronavirus”, plaide-t-il. De l’hôpital de Souillac, où il est admis, Kris relate avoir travaillé directement avec les personnes infectées à l’hôpital ENT. “A six infirmiers, nous nous occupions de 32 patients. Certains avaient une forme modérée du coronavirus. D’autres avaient été intubés et se trouvaient en réanimation. Ceux dont la charge virale était élevée nécessitaient davantage de soins”.

Ashvin, 38 ans, exerce depuis cinq ans comme infirmier.  “J’ai contracté le coronavirus après avoir été en contact avec un patient positif le 26 mars. Aujourd’hui je suis en rémission à l’hôtel Victoria. Je me porte bien mieux”. Kunal. R, 25 ans, employé de bateau de croisière, est rentré à Maurice le 17 mars. De la République Dominicaine, il a transité par Paris et, une fois dans l’île, a été placé en quarantaine au centre de Pointe-aux-Sables. Des traces du virus ont par la suite été détectées sur cet habitant de Fond-du-Sac, qui a été admis au centre de traitement de l’hôtel Victoria. “Je ne sais pas comment j’ai pu être infecté. Je sais seulement que quand je suis rentré de voyage, j’étais fatigué, j’avais froid.”

L’attente.

Ram, 60 ans, testé positif au Covid-19 et admis à l’hôpital ENT, avait témoigné dans Scope la semaine dernière. “Ma situation n’a pas beaucoup évolué depuis”, confie-t-il. “On a fait deux tests et j’attends toujours les résultats”. De patients contactés, beaucoup déplorent la lenteur à laquelle les résultats des analyses leur sont communiqués. “On nous dit d’attendre, que ça dépend des laboratoires”, raconte Ram. Malgré tout, il garde le moral et attend avec impatience le jour où il pourra quitter l’hôpital. “C’est dans des moments pareils qu’on prend conscience de l’importance de la famille. Il faut rester soudé avec ses enfants”.

Kunal. R attend, pour sa part, les retombées de son troisième test. Bien qu’il ait toujours gardé une bonne hygiène de vie, il sait que le combat n’est pas gagné d’avance. Malgré tout, le jeune homme “ne [se] laisse jamais abattre”. Il souhaite rassurer sa famille et ne pas la mettre en danger. “Mieux vaut être certain que toutes les traces ont disparu avant de penser retourner auprès de ceux que j’aime.”

A l’annonce de sa contamination, les proches d’Ashvin étaient terriblement attristés. Mais, le jeune infirmier leur a fait comprendre qu’avec leur soutien, il se sent plus fort. Ainsi pourra-t-il vaincre le virus.

Vyas Uppiah, directeur d’entreprise :

“Je reviens à la vie”

Vyas Uppiah est directeur de sa propre entreprise. En voyage d’affaires à Dubaï et à Londres, il est rentré à Maurice le 19 mars. Il a alors été placé en quarantaine à l’hôtel Emeraude, Belle-Mare. Après quelques jours, il a développé une toux sévère et de la fièvre. Il a alors été transporté à l’hôpital de Flacq, le 1er avril, où il a effectué le même jour un test de dépistage. Le 3 avril, les résultats sont tombés : le jeune homme est positif au Covid-19. Il a depuis été transféré à l’hôpital ENT de Vacoas.

“Quand j’ai appris les résultats, je l’ai pris positivement. Je n’étais pas très surpris car je venais de transiter par deux pays à risque. Je l’ai pris comme une épreuve spéciale envoyée par le dieu Krishna pour moi. Je me suis dit que ‘oui, le Corona virus est entré dans mon corps, mais il va vite disparaître’. Cela ne durera pas longtemps”. Vyas Uppiah se sentait prêt à affronter la maladie. “Je savais bien que ça risquait d’être très douloureux. Les statistiques à travers le monde devenaient de plus en plus alarmants.”

“Dur et pénible”

L’épouse de Vyas Uppiah finit par apprendre la nouvelle à travers l’appel d’un médecin. “Quand je lui ai parlé au téléphone elle n’a pas montré son anxiété. Elle m’a plutôt encouragé en me disant que beaucoup de gens en ont été guéris”. Plus de 15 jours après son admission à l’hôpital, Vyas Uppiah se sent beaucoup mieux. “Au début de mon traitement, c’était vraiment très douloureux, dur et pénible. Après avoir pris des médicaments, j’avais de la diarrhée, de la toux, des vomissements, vertiges et maux de tête. Je ne voulais plus manger. J’avais perdu l’odorat. Je me sentais très mal et sans vie.” Durant cette phase éprouvante, Vyas se dit que ces symptômes désagréables sont peut-être bons signes et que toutes les infections sont progressivement chassées de son corps. “Après que ces mauvais effets se soient estompés, j’ai commencé à avoir très faim. J’avais retrouvé l’appétit et mon odorat. Ma toux avait diminué En ce moment, je peux dire que je me sens très bien et je suis soulagé. Je reviens à la vie !”

En ce qui concerne le traitement qu’il reçoit à l’hôpital, Vyas Uppiah n’a que de bons mots pour le personnel soignant, qui s’occupe des patients nuit et jour. “Le médecin vient à notre rencontre tous les jours et parle personnellement à chacun d’entre. Il nous donne des nouvelles, nous écoute et répond à nos questions. Imaginez l’ampleur des sacrifices et des risques que prennent ces soignants. Même après avoir travaillé avec des patients du Covid-19, ils doivent eux-mêmes rester en quarantaine”. Notre interlocuteur tient aussi à remercier tous ses amis et proches qui prient pour lui.