À 75 ans, Gunther Holtorf n’a pas fini de surprendre. Cet ancien PDG d’une compagnie aérienne, d’origine allemande, entame la dernière étape de son tour du monde à bord de sa Mercedes Benz G Wagon, datant de 1988 et baptisée Otto. Maurice fera aussi partie de son escale puisque l’aventurier sera chez nous du 1er au 10 octobre.
Gunther Holtorf a battu tous les records en visitant, avec sa Mercedes Benz G Wagon, près de 172 pays, comme le Tibet, le Soudan, l’Irak ou encore l’Afghanistan. En Corée du Sud, Gunther a été salué comme étant le premier occidental à conduire un tel véhicule. Otto, c’est le nom de cette Mercedes exposée au musée de Mercedes Bentz. Un véhicule qui fera pourtant encore parler de lui. Et pour cause : il aura fallu à son propriétaire la somme de
30 000 euros, soit l’équivalent de Rs 1,24 million, pour construire ce petit bijou en 1988. Et 25 ans plus tard,  a gardé la forme, en attestent sa boîte de vitesse et sa boîte de transfert d’origine, toutes deux toujours intactes. Côté compteur, la voiture affiche les  823 000 km.
Entre Otto et ther, c’est plus qu’une histoire d’amitié, mais une véritable histoire d’amour. Tout commence en 1989, lorsque Gunther Holtorf décide d’entamer un voyage à bord de sa Mercedes en compagnie de son épouse, Christine. L’Afrique sera le premier point d’ancrage. Le voyage durera 18 mois. Il aurait d’ailleurs pu durer plus longtemps mais, hélas, quelques années plus tard, Gunther perd son épouse, décédée après une grave maladie. Peu de temps avant, cette dernière l’avait encouragé à aller de l’avant, de suivre sa passion.
Gunther décide donc de reprendre la route. Otto sera ainsi transportée par conteneur presque 36 fois au bout du monde. Entre la chaleur des déserts et le froid de l’Everest, la Mercedes résiste. Bourlingueur jusqu’au bout des doigts, Gunther garde cet esprit d’aventurier. D’ailleurs, c’est dans sa voiture et des hamacs qu’il dormira ces 23 dernières années, lors de sa traversée de l’Afrique. L’homme voyage cependant léger, il n’a d’ailleurs pas de valise. Ni téléphone, et encore moins l’internet. Des modes de communication qui ne suscitent chez lui « aucun intérêt ».
L’aventurier possède quatre passeports actifs et une douzaine de vieux passeports, qui témoignent clairement des pays qu’il a traversés. Il ne se considère toutefois pas comme le plus grand voyageur du monde et n’aspire aucunement à se faire une place dans le livre des records. Son but ultime est d’honorer jusqu’au bout la mémoire de sa femme. « Je ne veux pas qu’on se souvienne de moi, mais d’Otto. Et c’est ce que mon épouse aurait voulu aussi. C’est la voiture qui est spéciale et qui mérite sa place dans un musée. »