Depuis quatorze ans, la tour Martello de La Preneuse s’est transformée en musée. Armes à feu, canon, vêtements d’officiers et deux soldats de cire créés par Madame Tussauds ont trouvé refuge derrière les murs de pierres parfaitement taillées pour conter l’histoire de cette tour. Des cinq tours construites par les Britanniques à l’époque coloniale en cas d’attaque, il n’en reste plus que trois, sur les côtes de Rivière Noire et de Pointe aux Sables. Philippe La Hausse de Lalouvière nous raconte ce que cache cet édifice de plus de deux siècles.
Cent trois tours Martello furent construites à travers le monde par les Anglais, dont cinq à Maurice en 1834. Érigées dans des points stratégiques de l’île, ces tours avaient pour but d’être des lignes de défense en cas d’attaque.
Philippe La Hausse de Lalouvière, membre de Friends of the Environment, qui a contribué à la restauration du musée de la tour Martello de La Preneuse, confie : “Il y avait une tour à Fort George, Port-Louis, deux à Grand Rivière Nord-Ouest et deux autres à Rivière Noire. À ces endroits, face à la mer, il n’y avait aucun récif et il était donc plus facile pour les navires d’accoster et d’attaquer.”
Mis sur pied par les commandants britanniques Brough et Buchanan, le plan fut par la suite approuvé par le colonel Cunningham, qui constitua une analyse complète de ce plan de défense. Estimation des travaux pour les cinq tours Martello : 15,000 livres sterling.
“Pour la construction de la tour de La Preneuse, l’équipe fut composée de cinq soldats, appelés les Royal Sappers and Miners, 22 Africains invalides, 25 esclaves du gouvernement, 20 apprentis du gouvernement et 70 laboureurs prisonniers indiens”, précise une des guides du musée.