Le Tour est toujours l’occasion de voir en action des leaders, avec des équipes dédiées à leurs côtés. Ce sont ces hommes, avec leur caractère et leur condition physique, qui animent la course et la rendent encore plus intéressante.
Dans ce Tour 2012, un des duels à suivre sera celui qui opposera le Mauricien Yannick Lincoln au Sud-Africain Jaco Ferreira, de la Team Computer Smith. Les deux hommes ont chacun a eu un rayonnement différent sur le Tour. Donnés comme favoris par beaucoup d’observateurs, ils ont tous deux des équipes dédiées autour d’eux.
« Ferreira ne vient jamais en touriste », croit savoir un observateur. Il a raison. Depuis 2008, Jaco Ferreira a toujours terminé dans le Top 10. Son meilleur classement à ce jour est deuxième, derrière Mickaël Malle et devant Yannick Lincoln.
Ferreira, 36 ans au compteur, revient d’une superbe saison. En témoigne sa troisième place aux championnats du monde vétérans acquise il y a quelques semaines. « L’équipe ne dépendra pas uniquement de moi. Nous avons deux autres gars qui sont tout aussi forts et qui pourront jouer le général », affirme Jaco Ferreira.
Et Lincoln lui-même le voit en challenger direct. « Il n’est jamais là en vacances. » Il a le mérite d’être réaliste. « Il faut voir les choses en face : il est toujours dans les bons coups. Il y a deux ans, ils avaient tout gagné, sauf le jaune. Alors, on sait au moins à quoi s’attendre », prévient Lincoln.
Pourtant, aucun des deux leaders ne veut se voir dans la peau du favori. « Si vous me demandez mon rang dans la hiérarchie des favoris, je vous répondrai que je suis dans le lot », déclare le Mauricien. Idem pour Ferreira, qui affirme ne pas être le seul à pouvoir gagner dans son équipe. « Nous venons en équipe. S’il y a un gars qui peut faire quelque chose, alors, on le laissera jouer. »
Par contre, les deux s’accordent à dire que les coureurs de La Réunion seront encore une fois à surveiller. « Leurs jeunes étaient très forts en 2010. On verra ce qu’ils nous sortent. »
Lincoln se veut lui aussi prudent. « Le VCSD est venu à dix, la seule équipe à avoir ce nombre. Et quand on a autant de coéquipiers, on peut s’attendre à les voir toute tenter », affirme le Curepipien.
Où voient-ils le Tour se décanter ? Les deux annoncent Chamarel. Même s’ils parlent des deux chronos en des termes assez différents. « The time trial is always a decider. With the team time trial at the start, we shall be able to see who’s fit and who’s not », commente le Sud-Africain. Lincoln abonde dans le même sens. « Toutes les tactiques dépendront du chrono par équipes. »
Et pour l’étape de samedi, ils promettent tous les deux d’être présents, tout en étant prudents. « Ce sera dur de faire l’ascension de Chamarel en deux occasions », fait ressortir Ferreira. Lincoln, lui, temporise. « L’arrivée est loin de la montagne. » Une façon de dire que tout peut arriver après les bosses.
Mais les autres leaders, s’ils sont plus discrets, ne seront pas là pour rester dans le décor. Hugo Caëtane et Pascal Ladaub (UCRH-Engen) sont allés se préparer en France. Mathieu Le Blanc (VCJCC-Bank One), Grégory Piat, Hubert Perdrau et Gabriel Mayer, sans être des leaders, se sont aussi rendus dans l’Hexagone pour une préparation d’avant-Tour.