Le Sud-Africain Ian Pienaar (Team Jaco) a remporté hier après la cinquième étape du Tour de Maurice à l’issue d’un sprint qui l’a vu dépasser Steward Pharmasse sur la ligne d’arrivée, au terme des 80,7 km de course et 2h03’58. Le maillot jaune, Yannick Lincoln, leader depuis le chrono le matin, a conservé son bien et ses trois secondes d’avance au général.
Il a fallu attendre les derniers kilomètres pour voir la course se décanter définitivement. Dans une dernière partie plate, à plus de 300 mètres de l’arrivée, Steward Pharmasse, qui a profité du travail des équipes de sprinters (RSV Team-ME et CCSL), a démarré son effort. Mais dans les ultimes hectomètres de la course, il voit passer devant lui Pienaar, qui remporte l’étape avec une demi-roue d’avance.
« C’était définitivement une belle étape tranquille. Ce n’est pas parti trop vite, donc nous sommes restés dans le coup », explique le vainqueur du jour. Pourtant, on pensait, à la lecture des événements précédents, que ce serait son coéquipier Jaco Ferreira, récompensé du maillot rouge de la combativité, qui serait le vainqueur de l’étape.
Dans un contexte où les trois secondes d’avance de Yannick Lincoln valaient leur pesant d’or, ce dernier choisit de s’accrocher, sans paniquer. Dans la difficulté du jour, la montée de la nouvelle autoroute Terre Rouge-Verdun, les leaders restent dans le même lot, chacun profitant du solide travail de leurs coéquipiers.
Mais en redescendant, Jaco Ferreira se met en tête de jouer les trublions. Il s’en va, et son avance monte rapidement au km 50 à près d’une minute. Les prétendants derrière préfèrent contrôler l’échappée, jouant à merveille de la défense élastique.
Ferreira reprendra rapidement de l’avance, attaquant à tout bout de champ sans jamais pouvoir distancer véritablement les autres prétendants. Mais dans la dernière portion du parcours, le peloton, sous l’impulsion des équipes de sprinters, se remet en route. Dans ce groupe, Steward Pharmasse (FFSC-KFC), la RSV Team-ME et la CCSL, qui ont voulu contrôler l’échappée. Jaco Ferreira, Yannick Lincoln, James Tennent et tous les autres prétendants sont calmement assis dans le peloton, préférant attendre un mouvement plutôt que le provoquer.
À 500 m de l’arrivée, Steward Pharmasse lèvera le sprint. Il produira un effort digne des plus grands sprinters mais coupera son effort. Pienaar, qui suivait dans son sillage, n’a eu qu’à accélérer. « Nous nous sommes montrés tout au long de la semaine. Et aujourd’hui, avec une victoire d’étape, c’est une belle chose », annonce Ian Pienaar, 19 ans, leader aux classement aux points.
Ce dernier, ancien vététiste converti à la route pour les opportunités qu’elle présente, en est d’ailleurs à son premier voyage hors de son pays natal. « C’est ma première fois à Maurice. Et puis, même si les routes ne sont pas comme en Afrique du Sud, je trouve que les parties dangereuses sont assez intéressantes », sourit-il.
De l’autre côté, le classement général ne change pas. Yannick Lincoln devance toujours James Tennent de trois secondes et Mickaël Damiens conserve également ses 55 secondes de retard. « En somme, c’était une journée tranquille. Mes coéquipiers ont fait un gros boulot pour me permettre de m’économiser. Et puis, ce n’était pas le jour pour jouer les héros », avance Yannick Lincoln.
Profitant lui aussi du travail de ses coéquipiers, Michael Khedoo, Sébastien Tyack, Mike Chong Chin, mais aussi d’Aurélie Halbwachs et de Ben Melt Swanepoel, le leader au général s’estime heureux d’avoir pu conserver cette avance. « Quand Jaco est parti, nous avons choisi de le laisser s’en aller. Ce n’était pas une catastrophe. »
Le jour des héros c’est aujourd’hui, pendant une étape de 120 km. « Avec le vent et la distance, ça risque d’être compliqué à gérer. Mais en même temps, ça pourrait calmer les ardeurs avant Bassin Blanc. » Que pense-t-il de son adversaire James Tennent, qui a paru légèrement essoufflé dans la bosse ? « Justement, j’ai l’impression qu’il roulait à l’économie. En outre, il a dit qu’il venait pour le maillot à pois. Donc, c’est un grimpeur. »
Un pronostic sur la situation ? « On verra bien. J’ai géré des situations compliquées, j’ai renversé des situations compliquées, je pense avoir assez d’expérience pour y arriver. » Demain, le Tour couronnera son roi. Le départ de la sixième étape, l’étape reine, sera donné à 11h à Port-Louis devant le bâtiment de la Swan. L’arrivée se jouera devant le Stade George V à Curepipe aux alentours de 14h30. Un coureur sera en jaune, les autres riront jaune.