La cinquième étape du Tour de Maurice, dont le départ sera donné ce matin à Grand Rivière, sera l’occasion pour couronner le roi de la cette 34e édition. Une avant-dernière étape longue de 135 km, connue pour être celle qui désignera le vainqueur du Tour. Beaucoup prédisent une lutte entre Willie Smit, James Tennent, Sylvain Georges et Yannick Lincoln. Ce qui devrait arriver d’ailleurs.
Qui est le favori ? Tous désignent Sylvain Georges, vainqueur de l’édition 2009. « Il le restera. Il a montré qu’il était très fort », avance Willie Smit. Et James Tennent ? « Il passe mieux les bosses », lâche Yannick Lincoln.
Lincoln lui-même veut être aux premières loges pour suivre la lutte. « Ce sera l’étape à suivre ». Et pourtant, il y a tout à gagner ou, au cas contraire, tout à perdre. « Les Sud-Africains sont forts. Ce sera difficile ». Rester dans les roues ? « Non, je ne compte pas le faire. Mais après, je suis deuxième au général. Il ne faut pas faire d’efforts inutiles et perdre ça aussi ».
Ce qu’on ne peut pas prévoir, c’est qui basculera en tête. Mais ce qui est prévisible, c’est que personne ne voudra se montrer avant d’entamer les difficultés de la journée. D’une part, il s’agira de passer la Montée Bol, balayée par les vents, puis Beaux Songes, avant de rejoindre l’autoroute à Phoenix.
Ensuite, descendre le long de l’autoroute jusqu’à Gros Bois, puis faire toute la partie sud de l’île, avant d’aller à l’assaut de Montée Gaston en apéritif de la difficulté du jour, Bassin Blanc. Et enfin, celui qui arrivera à basculer en tête de la course aura encore à résister pendant 40 km pour rallier la ligne d’arrivée, et peut-être savourer sa victoire.
Pas sûr donc que la course aille dans le sens voulu. Les leaders ont développé l’habitude cette semaine de s’observer et de laisser filer les seconds couteaux. Tactique payante ? « Oui et non. Ça a été difficile de bouger. En même temps, j’ai pu surveiller les autres », indique de son côté Sylvain Georges.
Il sait qu’il sera surveillé comme le lait sur le feu. Mais surtout, le tracé n’est pas celui rêvé pour faire de gros écarts. « On nous aurait mis La Nicolière et ensuite Bassin Blanc, et les choses auraient été différentes. Mais avec 40 km à faire après l’ascension, ce ne sera pas favorable », avance-t-il encore.
Quant à Lincoln, il ne veut pas aller à contresens. Le but sera de grappiller au minimum quelques secondes et conserver sa place dans le top 5. « Ce sera compliqué. Il faudra encore tenir sur 40 bornes pour l’arrivée et les deux Sud-Africains ont chacun des équipiers solides ».
Comme personne ne voudra abdiquer, les choses risquent encore de monter d’un cran. « Willie Smit sera soit dans la peau du chasseur, soit dans la peau du chassé. Dans les deux cas, je vais essayer de basculer avec les autres leaders ».
Doit-on donc espérer que se forment des alliances de circonstance ? « Je ne sais pas si ça va se faire. Mais moi, je donnerai tout ce que j’ai jusqu’à la ligne d’arrivée », prévient Lincoln. Mais les autres aussi. « Tant que l’envie de gagner est là, la tête suivra », poursuit Willie Smit.
Interrogé sur une possible alliance avec les autres Sud-Africains du peloton, James Tennent de lâcher une petite phrase qui fera date : « Les alliances se jouent en fonction de la course. Je ne dis pas oui, je ne dis pas non. Je dis seulement que c’est bien d’avoir des amis dans le peloton. »