La politique d’accès aérien est présentée comme la priorité des priorités par les partenaires majeurs de l’industrie touristique pour 2012. Que ce soit du côté du groupe Beachcomber ou encore du ministre du Tourisme Michaël Sik Yuen, l’on se dit conscient de l’enjeu et de l’urgence d’une politique d’accès aérien équilibrée. Ces points de vue ont été réitérés dans la dernière édition de l’année du bimestriel de ce groupe, Beachnews. Le Chief Executive Officer de Beachcomber, Herbert Couacaud, met également en garde contre le risque potentiel des répercussions du heavy discounting dans le secteur de l’hôtellerie dans cette conjoncture de crise économique sur le plan international.
« Souhaitons qu’une solution durable soit apportée au déséquilibre structurel entre l’aérien et l’hébergement avant février 2012, soit avant la foire de l’IRB à Berlin », a soutenu Herbert Couacaud en ce qui concerne les priorités pour l’industrie touristique l’année prochaine. « Le déséquilibre structurel entre le nombre de sièges-avion disponibles et le nombre de chambres d’hôtel perdure. Ce déséquilibre se situe actuellement autour de 400 000 sièges-avion en moins par an », fait-il comprendre.
Sur ce même sujet, il est soutenu par Robert Spéville, directeur commercial du groupe, qui ajoute que l’un de ses souhaits prioritaires pour 2012 est « d’avoir une politique d’accès aérien claire, bien définie et équilibrée ».
Le ministre Sik Yuen n’est pas insensible à la question de politique d’accès aérien car intervenant dans ce même numéro de Beachnews, il soutient que « l’accessibilité doit être revue et corrigée pour mieux s’adapter à de nouvelles donnes et tendances pour ouvrir de nouveaux horizons. » Poursuivant sur cette question, il ajoute que « l’agrandissement de l’aéroport constitue une opportunité majeure, qui permettra de concrétiser le grand projet de connecter l’Asie à l’Afrique via Maurice. L’Australie et l’Inde constituent d’autres ponts nécessaires avec l’Europe. Maurice doit être au coeur d’une circulation de vacanciers pour l’Afrique et l’océan Indien, tout en étant une destination pour les Européens ».
Une préoccupation majeure du CEO de Beachcomber touche à la réputation de la destination touristique de Maurice et la tentation de diluer la qualité au profit de la quantité pour faire des chiffres. « Souhaitons aussi qu’il y ait une réelle prise de conscience, chez tous les partenaires de l’industrie, que l’avenir de notre tourisme réside dans le culte de la qualité et non dans le heavy discounting. On parviendra à une sortie de crise par le haut », affirme-t-il.
« La guerre des prix n’a pas arrêté, y compris en cette période de prime season. Ce qui, objectivement, contribue à ternir l’image de la destination. Et si rien n’est fait, Maurice sera connue comme une discount destination », avoue le CEO de Beachcomber.
Passant en revue la performance financière du groupe, qui a accordé à ses employés un boni de productivité représentant 1,405 mois de salaires sous le Profit Sharing Scheme, Herbert Couacaud se félicite des résultats vu le contexte difficile. « Nous avons maintenu notre niveau de remplissage, tout en améliorant les operating profits des hôtels de 10,7 %. Cette croissance a été suffisante pour compenser le manque à gagner de Rs 148 millions occasionné par l’arrêt des contrats liant Air Mauritius à Plaisance Catering Ltd. Dans ce contexte difficile, nous considérons cette performance comme étant très honorable », ajoute-t-il.
De son côté, le ministre du tourisme met l’accent sur le fait qu’il faut « soigner l’attractivité, avec un plan touchant tous les maillons de l’industrie touristique. De la propreté du pays à l’aménagement des plages, en passant par l’embellissement et une régulation adaptée aux réalités d’aujourd’hui. Un véritable audit du produit touristique mauricien s’impose et un encadrement légal approprié est nécessaire ».