La dernière édition de Beachnews, le bimestriel du groupe Beachcomber, balise les perspectives de l’industrie touristique à l’aube de la nouvelle année tout en établissant le bilan de 2012. Les responsables de celui qui est présenté comme un des plus importants opérateurs de ce secteur économique mettent l’accent sur la nécessité d’assurer une vigilance et une prudence à toute épreuve pour aborder le contexte difficile. De son côté, le Chief Executive de Beachcomber, Herbert Couacaud, souligne l’urgence et l’importance d’un accroissement substantiel de la capacité aérienne en vue de permettre à l’industrie touristique d’envisager l’avenir avec plus de sérénité.
Dans un entretien publié par Beachnews, Herbert Couacaud ne manque pas de relever les conséquences de la crise économique en Europe sur le tourisme mauricien. « Il n’y a pas eu de progression dans les arrivées touristiques à Maurice. Le parc hôtelier a continué de grossir, augmentant ainsi le déséquilibre entre l’offre et la demande (chambres d’hôtels et places d’avion), avec pour conséquence une augmentation inquiétante du prix des places d’avion et une braderie importante du prix d’hôtel. Tout cela n’a pas manqué de dégrader l’image de la destination et de créer de grandes inquiétudes chez des acteurs vulnérables de l’industrie », fait-il ressortir en guise de préambule.
Au chapitre des conditions sur le marché pour 2013, le CEO de Beachcomber met en garde contre les risques pour ce secteur économique et lance un appel aux autorités pour que des mesures soient prises pour résoudre le déséquilibre entre le parc hôtelier et le nombre de sièges avion disponible. « Les conditions d’opération demeureront difficiles pour l’industrie, avec le parc hôtelier qui continue d’augmenter plus vite que la desserte aérienne, sur un fond d’économie mondiale difficile. L’élément primordial qui pourrait apporter l’aide précieuse dont notre industrie a besoin demeure une augmentation substantielle de la capacité aérienne. Espérons que nos décideurs trouveront les moyens d’y parvenir », déclare-t-il.
Commentant la performance financière du groupe en 2012, Herbert Couacaud a tenu à remercier le personnel « qui a su, grâce aux efforts de tous, résister à la guerre des prix, et maintenir notre qualité et notre image. Opérationnellement, Beachcomber a réussi à faire légèrement mieux que l’année précédente. Compte tenu de l’augmentation de nos frais financiers et de notre amortissement, nos résultats financiers sont légèrement moins bons que l’année précédente. Dans le contexte économique difficile dans lequel nous avons opéré et compte tenu de la performance de l’industrie du tourisme au niveau national, nous considérons notre performance comme étant très honorable ». Il place beaucoup d’espoirs sur un apport venant du redémarrage du projet de Royal Palm de Marrakech et de la rénovation du Shandrani.
Synergie
Pour sa part, Robert de Spéville, directeur commercial, définit trois actions prioritaires en vue d’insuffler une nouvelle dynamique à l’industrie. « D’abord, des campagnes de visibilité et de relance sur nos marchés traditionnels et émergents, planifiées bien à l’avance et avec la collaboration de tous les partenaires du voyage. Ensuite, une remise en question de la desserte aérienne afin de trouver des solutions au goulot d’étranglement des hubs de Paris et Dubaï, au prix prohibitif des billets d’avion, taxes carburant et aéroportuaires, et au manque de liaisons directes avec nos marchés à fort potentiel. Enfin, un accès à des données statistiques qui soient plus détaillées, plus précises et plus accessibles en temps réel pour que nous puissions mieux connaître notre industrie et nous aider à prendre les bonnes décisions commerciales », fait-il comprendre en rappelant l’importance des initiatives sur des marchés émergents, dont la Russie, l’Europe de l’Est, l’Amérique du Sud, l’Inde, la Corée du Sud et la Chine.
Marcel Masson, directeur financier du groupe, a commenté la décision de ne pas verser de dividendes aux actionnaires en 2011/2012 en parlant de « prudence financière, doublée d’une plus grande vigilance ». « L’année financière octobre 2011-septembre 2012 s’est avérée légèrement moins bonne que l’année précédente, alors que de sérieux problèmes structurels affectent le tourisme mauricien. Nous devons rester très prudents et vigilants car la situation demeure compliquée et la visibilité réduite. Dans une telle conjoncture, les maîtres mots restent adaptation et ajustement ».
L’éditorialiste de Beachnews, Malenn Oodiah, est d’avis que « si le pire a été évité dans la zone euro, qui constitue notre principal marché, elle sera toujours en récession en 2013. Autant dire que la conjoncture économique internationale reste difficile ». À cet effet, il exprime le souhait d’une plus grande synergie entre les acteurs de cette industrie lors de l’élaboration des mesures de redressement.
« Des pistes de sortie de la crise que connaît le secteur ont été proposées par les différents protagonistes du débat. Souhaitons vivement qu’en 2013, l’intérêt général prime sur toutes les autres considérations dans la recherche de solutions concrètes. Vivement qu’en 2013, tous les acteurs concernés par l’industrie arrivent à s’entendre sur les mesures prioritaires pour exploiter toutes les opportunités dans le cadre d’une stratégie de relance. Pour s’assurer que le tourisme, secteur clef de l’économie nationale, retrouve le dynamisme nécessaire pour renouer avec la croissance, et, par là même, continuer à apporter sa contribution au développement socio-économique du pays », conclut Malenn Oodiah.