Le groupe Beachcomber, l’un des principaux opérateurs sur le marché hôtelier à Maurice, met en garde contre des conditions d’opération difficiles qui continueront à prévaloir l’année prochaine. C’est ce qu’indique Herbert Couacaud, le Chief Executive Officer du groupe, dans le dernier numéro de l’année de Beachnews, publié en fin de semaine. Au chapitre de la performance, ce groupe hôtelier mise sur des bénéfices intéressants à prévoir en 2013 avec le redémarrage du projet de Royal Palm Marrakech. Toutefois, la principale crainte pour le tourisme mauricien demeure l’inadéquation entre le parc hôtelier en expansion et le nombre de sièges-avion en déclin, soit une réduction de 60,000 sièges-avion sur la desserte Europe/Maurice avec la mise à exécution de la politique de restructuration adoptée par Air Mauritius.
Passant en revue la situation de l’industrie hôtelière en 2012, le CEO du groupe Beachcomber note que « malheureusement, bien qu’une croissance de 3,1% nous avait été annoncée à la fin de 2011, il n’y a pas eu de progression dans les arrivées touristiques à Maurice. Le parc hôtelier a continué de grossir, augmentant ainsi le déséquilibre entre l’offre et la demande (chambres d’hôtels et places d’avion), avec pour conséquence une augmentation inquiétante du prix des places d’avion et une braderie importante du prix d’hôtel. Tout cela n’a pas manqué de dégrader l’image de la destination et de créer de grandes inquiétudes chez des acteurs vulnérables de l’industrie. »
Pour Herbert Couacaud, il ne faudra pas s’attendre à des conditions plus favorables pour la nouvelle année et il exhorte les autorités à entériner les mesures qui s’imposent pour enrayer les conséquences de la suppression de vols directs sur plusieurs axes importants, avec pour résultat une réduction de près de 60,000 sièges-avion sur la seule desserte Europe/Maurice. « Les conditions d’opération demeureront difficiles pour l’industrie, avec le parc hôtelier qui continue d’augmenter plus vite que la desserte aérienne, sur un fond d’économie mondiale difficile. L’élément primordial qui pourrait apporter l’aide précieuse dont notre industrie a besoin demeure une augmentation substantielle de la capacité aérienne. Espérons que nos décideurs trouveront les moyens d’y parvenir »,fait-il ressortir.
L’une des priorités de Beachcomber en 2013 passe par l’exploitation du potentiel que représentent les nouveaux marchés, dont la République populaire de Chine. « Le Domaine Palm Marrakech devrait nous apporter des bénéfices intéressants, tandis que la mise en route du développement intégré au Domaine de l’Harmonie aux Salines à Rivière Noire devrait contribuer à améliorer notre trésorerie. Nous continuerons de tout mettre en oeuvre pour conforter notre acte de foi dans le pays, pour approfondir notre culture d’entreprise axée sur le culte de la qualité et sur l’idée qu’il n’y a de richesses que d’hommes », ajoute-t-il.
De son côté, Robert de Spéville, directeur commercial du groupe, évoque trois actions prioritaires. « D’abord, des campagnes de visibilité et de relance sur nos marchés traditionnels et émergents, planifiées bien à l’avance et avec la collaboration de tous les partenaires du voyage. Ensuite, une remise en question de la desserte aérienne afin de trouver des solutions au goulot d’étranglement des hubs de Paris et Dubai, au prix prohibitif des billets d’avion, taxes carburant et aéroportuaires, et au manque de liaisons directes avec nos marchés à fort potentiel. Enfin, un accès à des données statistiques qui soient plus détaillées, plus précises et plus accessibles en temps réel pour que nous puissions mieux connaître notre industrie, et nous aider à prendre les bonnes décisions commerciales. En espérant que ces initiatives mènent à une nouvelle dynamique afin que Maurice recommence à être vendue sur la base de sa qualité et non sur celle de prix bradés », indique-t-il.
Le directeur financier de Beachcomber, Marcel Masson, se veut prudent en matière de gestion financière dans la conjoncture. « L’heure est à la prudence financière, doublée d’une grande vigilance. C’est l’effort de tous qui doit primer dans les moments difficiles, en cette période que nous espérons relativement courte. C’est le cas pour les employés, les fournisseurs, les bailleurs de fonds, les partenaires et les actionnaires. Nous avons un devoir de veiller à la bonne santé financière de l’entreprise, d’où la nécessité de maintenir certains ratios tels que celui dette/fonds propre. Je tiens à souligner toutefois que les employés bénéficieront, en décembre 2012, dans le cadre du profit sharing scheme, d’un bonus équivalant à 1,2 fois le salaire mensuel. C’est quasiment le même taux que celui accordé l’année dernière », fait-il comprendre.
Malenn Oodiah, qui signe l’éditorial deBeachnews, exprime le souhait de voir une synergie se dégager au sein de l’industrie en vue de relever les défis qui se présentent. « Vivement qu’en 2013, tous les acteurs concernés par l’industrie arrivent à s’entendre sur les mesures prioritaires pour exploiter toutes les opportunités dans le cadre d’une stratégie de relance. Pour s’assurer que le tourisme, secteur-clé de l’économie nationale, retrouve le dynamisme nécessaire pour renouer avec la croissance et, par là-même, continuer à apporter sa contribution au développement socio-économique du pays », conclut-il.