Les fêtes tirent à leur fin. C’est l’heure du bilan pour le secteur hôtelier. Même si les cadres des principaux groupes d’hôtels n’ont pas encore repris leurs activités, plusieurs franchises individuelles se disent satisfaits du taux de remplissage pour décembre.
Dans les hôtels, les responsables de ventes ou encore de marketing se réjouissent de la situation. Plusieurs affirment que la période de décembre était bonne. « Le mois de décembre était plutôt bon avec un taux de remplissage de 80 %. Janvier s’annonce pas mal, voire même mieux… » laisse entendre un des responsables d’un hôtel situé sur le littoral ouest. Mais le seul problème est qu’« auparavant, depuis trois mois à l’avance nous savions déjà si nous ferions le plein ou pas au mois de décembre. Tandis qu’actuellement, ce n’est qu’à la dernière minute que nous prenons connaissance du taux de remplissage ».
À l’autre bout du pays, dans le Nord, le Maritim Hotel Mauritius semble enthousiaste à cette présente situation. « Nous avons un bon taux de remplissage en décembre avec 90 %. Janvier s’annonce bien aussi », explique Patrick Lan, directeur des ventes. Selon le responsable, la majorité de la clientèle était étrangère mais avec toutefois une belle représentativité des locaux. Les soirées thématiques du réveillon du St-Sylvestre ont par ailleurs vu la présence de beaucoup de Mauriciens, comme c’était le cas au Maritim.
Contacté pour commenter la situation, Robert Desvaux, président de la Mauritius Tourism Promotion Authority dira que « la période de décembre était bonne en qualité et quantité. C’est très encourageant. Janvier aussi démarre bien avec une visibilité sur les trois prochains mois qui semble positif ».
Si décembre aura su donner le sourire à nos hôteliers, il ne s’agit que de la cerise sur le gâteau. 2011 aura été une bonne année dans l’ensemble. Selon les statistiques de l’Association des Hôteliers et Restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM), les chiffres de 2011 (de janvier à septembre) supplantent considérablement les résultats de 2010. De janvier à septembre 2011, 674 383 touristes auraient foulé le sol mauricien contre 646 656 en 2010, soit une augmentation de 4,3 % pour cette période (ce qui correspond également à une augmentation de 7 % de Tourist receipts : de Rs 28,168 M à Rs 30,149 M). Seuls les mois de mars, mai et septembre ont affiché une baisse. Nous ne serons pas parvenus à obtenir les chiffres pour la période d’octobre à décembre.
Néanmoins, une belle année 2010 n’équivaut pas à une belle année 2011. Il est utile de rappeler la conjoncture économique internationale qui jouera sans doute contre l’industrie du tourisme. Un minimum de bon sens suffirait à déduire que 2012 risque d’être moins aisée, et ce même si les autorités affichent la confiance — question de principe en hôtellerie : le sourire, toujours le sourire. Force est de constater que, selon la logique des expectatives, il est toujours mieux de faire face à une crise… tant qu’on ne mentionne pas de crise. Et on est encore à mille lieux de parler de crise.
L’ennemi guette toutefois : la France et l’Italie sans AAA, l’Union européenne face à la « pire crise de son histoire » (dixit Sarkozy), entre autres. Les politiques européens, quant à eux, n’affichent pas le sourire… Et par un tel climat de méfiance, il serait difficilement concevable que la propension à consommer du touriste européen sera la même cette année. Reste peut-être alors : la possibilité de nous en aller glaner de nouveaux milliardaires dans les quelque îlots de surconsommation : Russie, Ukraine, Chine, Inde…