« Partout dans le monde, les gens commencent à réaliser qu’il y a nécessité de réduire notre empreinte carbone. Cela nous concerne particulièrement car l’empreinte carbone – soit la consommation d’énergie – émise par les touristes venant à Maurice est très élevée », a expliqué le ministre du Tourisme, Anil Gayan, expliquant ce phénomène par le fait que notre pays est « excentré des principaux marchés émetteurs de touristes » et que ces derniers doivent donc prendre de longs vols pour arriver chez nous.

Il intervenait lundi matin à Pointe-aux-Piments dans le cadre du lancement du “Sustainable Self-implementation Guide”, manuel lancé par l’Association des hôtels de charme et destiné aux petits hôtels pour encourager l’émergence d’un tourisme vert. Ce projet a bénéficié de la participation de l’Union européenne à travers un “grant” sous le programme Switch Africa Green, qui permet aux bénéficiaires de plusieurs pays de mettre en oeuvre des mesures favorisant le tourisme durable en réduisant les coûts d’opération et en utilisant les ressources de manière efficace. Anil Gayan a expliqué que le changement climatique « a des effets qui doivent tous nous concerner », ajoutant : « Si nous voulons que le tourisme reste un pilier de l’économie, nous devons tous réfléchir différemment. (…) Le monde doit comprendre que le changement climatique doit être neutre politiquement. »

Le ministre du Tourisme a insisté pour que Maurice envoie un signal fort « pour dire que le pays est “eco-friendly” ». Pour lui, hormis les traditionnels concepts de “Reduce, Reuse, Recycle”, « il faut ajouter les notions de “Renew, Recover et Repurpose” ». Il a conclu son intervention en lançant : « Nous n’avons qu’une seule planète et si nous ne prenons pas soin d’elle, l’humanité risque de devenir dysfonctionnelle. Nous devons nous intéresser au changement climatique et réduire l’émission de gaz à effet de serre. Il n’y a pas de plan B. » Carla Osorio, chef de la coopération au sein de l’Union européenne à Maurice, a pour sa part fait ressortir que ce manuel est « en droite ligne avec les recommandations du plan stratégique sur le secteur touristique » lancé au début du mois. Selon elle, l’Union européenne apporte son soutien à ce projet, d’autant qu’elle reconnaît « la capacité de Maurice de devenir un modèle de développement durable », et cela « même si le pays reste vulnérable au changement climatique ».

Pour sa part, Bissoon Mungroo, président de l’Association des hôtels de charme, a affirmé que les touristes sont de plus en plus concernés par l’environnement et que « la tendance est d’aller vers la réduction de la consommation d’eau, l’engagement de la communauté autour des hôtels et l’éducation des touristes » qui visitent le pays. Il a indiqué que l’Association des hôtels de charme « s’adapte aux besoins contemporains du marché ». Evoquant le manuel, il a soutenu que celui-ci permettra aux petits établissements d’effectuer des “self audits” sur une base mensuelle et, ainsi, de s’aligner sur les meilleures pratiques. Il a ajouté que les pratiques vertes ne contribuent pas uniquement à protéger l’environnement mais ont aussi un effet non négligeable sur le “bottom line” des hôtels.

Lançant un pavé dans la mare, Bissoon mungroo a déclaré que « we have for long been set aside by the authorities as prime focus was only mainly laid on big operators in the hospitality industry ». Ce à quoi le ministre du Tourisme a répondu : « Nous n’avons aucune préférence parmi les opérateurs. Nous les traitons tous sur le même pied d’égalité. »