Introduire 84 projets et actions pour porter le secteur touristique à un autre palier. Tel est le contenu du plan stratégique pour le secteur touristique dévoilé hier aux opérateurs par Anil Gayan. Le secteur compte actuellement pour 8% du PIB, 10% de l’emploi et 8% de l’investissement (en 2017), et devrait rapporter au pays Rs 64 milliards cette année. Cependant, son modèle de développement doit être revu afin de lui permettre de relever les défis tant sur le plan local qu’international. Le Strategic Plan 2018-2021 annonce deux millions de touristes en 2030 et des recettes de Rs 120 milliards.

Pour le ministre du Tourisme, le seuil de tolérance de la destination n’est pas encore atteint. « Singapour, qui fait le tiers de la superficie de Maurice, attire déjà 17 millions de touristes. Nous avons donc encore de la marge », dit-il. Ce plan d’action de trois ans devrait porter le nombre de chambres d’hôtel à 21 800 en 2030, contre 13 500 actuellement, et ce grâce à une croissance annuelle des arrivées de l’ordre de 5%.
Par ailleurs, le nombre de chambres hors-hôtels devrait grimper à 11 750. L’emploi, actuellement à 41 700, devrait augmenter à 78 000. Les quatre piliers identifiés dans le plan stratégique sont : la visibilité, l’attractivité, l’accessibilité et le développement durable. Les autorités locales telles le port, l’aéroport, l’AHRIM et la Tourism Authority, seront appelées à jouer un rôle majeur dans la mise en application de ce plan.

De plus, un des objectifs clés à révéler pour les années à venir demeure la compétitivité de la destination, car Maurice fait pâle figure à ce niveau comparé aux îles de la région. Actuellement, le pays ne se classe qu’en 55e position (sur 136 pays) au Tourism Competitiveness Index et il n’arrive qu’en troisième position dans l’Afrique subsaharienne, derrière l’Afrique du Sud et les Seychelles. À cet égard, Anil Gayan a lancé un appel aux hôteliers pour « ne pas trop augmenter leurs tarifs ». Autres volets importants du plan stratégique : la nécessité d’accélérer la diversification des marchés touristiques en vue de réduire la dépendance de la zone euro, le manque de ressources humaines dans certains postes clés du secteur et la sécurité des touristes. « N’importe quel incident impliquant un touriste est un incident de trop. Il faut protéger notre industrie », souligne Anil Gayan.

L’accès aérien est aussi une priorité selon le ministre. Déjà, on annonce que Corsair mettra des sièges additionnels sur Maurice l’année prochaine. Le secteur peut aussi compter sur l’apport de Saudi Airlines depuis 2017. Par ailleurs, le gouvernement compte considérer positivement toute demande de vols additionnels de Turkish Airlines. « Nous ne parlons pas de l’Open Sky Policy, mais d’une ouverture modérée et raisonnée de l’espace aérien, dépendant de la demande touristique », fait valoir le ministre du Tourisme.

Parmi les projets annoncés dans le Strategic Plan Matrix de Gayan, on relève la création de sentiers de promenade sur zones côtières (Rs 100 millions), de marinas, de points d’embarcation pour les bateaux de plaisance ainsi que d’un système de classification pour les structures d’hébergement de la para-hôtellerie. L’on prévoit également la création de routes piétonnes à Port-Louis, d’un musée sur le thème “La route du textile”, d’un village floral et l’aménagement d’îlots autour de Maurice en refuges exclusifs pour une clientèle huppée.