L’AHRIM a, lors de sa 44e assemblée générale, qui s’est tenue au Paradis Beachcomber, au Morne, reconduit Jean-Louis Pismont à la présidence de l’association. Tout en soulignant le bilan positif du secteur touristique, ce dernier a tiré la sonnette d’alarme concernant les taxis d’hôtel. Le ministre du Tourisme, Anil Gayan, a pour sa part préconisé une cohabitation inclusive « juste et équitable » au niveau de l’industrie touristique.
Dans un discours prononcé lors d’une réception ayant suivi l’assemblée générale, le président de l’AHRIM a estimé que l’année écoulée aura été « positive pour l’ensemble du secteur » touristique. « L’industrie hôtelière remonte graduellement la pente après plus de cinq années de lente sortie de crise. Les programmes de rénovation ont bien repris depuis 2015 et se poursuivent, et le niveau de l’endettement semble être maîtrisé depuis peu. Le taux d’occupation moyen des chambres d’hôtel est en hausse et la recette unitaire moyenne pour l’hébergement devrait bientôt retrouver des valeurs d’avant la crise », a-t-il déclaré. Il a toutefois attiré l’attention des autorités sur la situation des taxis d’hôtel. « On en a beaucoup parlé jusqu’ici et les voies de résolution de cette problématique deviennent de plus en plus évidentes. On ne peut pas essayer à tout prix de maintenir à flot un “business model” qui part à la dérive depuis un bon moment en tentant d’empêcher, voire arracher, du business des mains d’entrepreneurs novateurs et performants. Alors, cessons de forcer nos touristes modernes dans des cases, des “process” et des contraintes d’un autre temps. Redonnons à nos taxis d’hôtel les moyens de redevenir nos meilleurs ambassadeurs pour la destination à travers la mise en oeuvre de moyens technologiques, le service facturé de manière totalement transparente, et l’engagement qualité et de “feedback” envers le client », a-t-il lancé. Jean Louis Pismont a également observé que certains facteurs externes méritent d’être pris en considération avant de faire mention du Brexit, de la compétitivité de la roupie contre le dollar et l’euro, des évènements et des secousses politiques ainsi que de la performance économique de nos marchés principaux, « qui méritent d’être étudiés et suivis afin de renforcer les facultés d’anticipation et d’adaptation ». Il a dés lors invité le gouvernement à réduire les écarts entre opérateurs. « Le produit Maurice est un tout, et ce tout ira rechercher sa valeur, perçue ou vécue, au niveau de la plus faible de ses composantes, ni plus haut, ni plus bas », a-t-il dit tout en souhaitant des solutions « rapides et claires à nos questions du moment ».
Pour sa part, le ministre du Tourisme, Anil Gayan, prévoit une croissance touristique de 7% cette année. Et d’annoncer l’organisation un “road show” « grandiose » dans les grandes villes de Chine et de l’Inde avec le concours des autorités de ces pays. Il a lancé un appel à l’AHRIM et à ses membres pour qu’une solution « juste » soit trouvée pour les taxis d’hôtel. « Le tourisme est une industrie qui peut réconcilier ce qui peut à première vue paraître irréconciliable. Tourism must leave no one behind », a-t-il dit.
À ceux qui critiquent la présence d’expatriés dans les établissements hôteliers, le ministre a observé que le tourisme « ne serait pas ce qu’il est sans la contribution de professionnels qui sont venus travailler à Maurice depuis des années », ajoutant : « Cela aussi fait partie de l’histoire du tourisme et il faut être honnête avec l’histoire. » Le ministre a toutefois invité les expatriés à dispenser une formation pointue aux Mauriciens.
Anil Gayan a également observé que la célébration du 50e anniversaire de l’indépendance, l’année prochaine, « sera une occasion de promouvoir le pays aux touristes ». Et d’évoquer aussi les mesures budgétaires en faveur du secteur. Anil Gayan a d’autre part insisté sur la nécessité de « faire en sorte que les bénéfices du tourisme arrivent aussi aux populations des villages et des endroits peu fréquentés. » Selon lui, « le pays a et doit avoir le tourisme en partage ».