Renommée internationalement en tant que destination touristique de premier choix pour des vacances de rêves, l’île Maurice est également bien partie pour se positionner comme destination de choix pour le tourisme médical. Depuis 2005, petit à petit, commençant par la greffe de cheveux notamment ou la chirurgie réparatrice, le pays s’est taillé un nom parmi les destinations prisées — comme l’Inde, la Thaïlande, la Tunisie, le Maroc — dans ce secteur, combinant bien-être et soins médicaux, en passant par le rapport qualité-prix, qui connaît un boom sur le plan international. Avec un éventail de plus en plus élargi de soins, Maurice ambitionne d’accueillir 100 000 touristes étrangers d’ici 2020, uniquement pour des séjours relatifs au tourisme médical. Une ambition loin d’être démesurée, au vu de l’envol qu’a pris le secteur ces cinq dernières années.
Selon les relevés du Board of Investment (BOI), de 1500 en 2007 à 12500 en 2011, et après une croissance exceptionnelle de 70 % en 2012 avec 21 346 patients étrangers, le tourisme médical connaît une progression qualifiée d’encourageante ces dernières années. D’autant qu’après une baisse ressentie en 2013 où il y a eu 11 636 patients, le secteur a fait une belle remontée avec 15 000 touristes en 2014, 16 042 en 2015 et 18 222 en 2016. Aujourd’hui, alors que dominé il y a une dizaine d’années par des centres de santé spécialisés dans le tourisme médical, ce secteur compte plusieurs établissements hospitaliers privés qui se sont restructurés et ont investi dans le domaine, offrant eux aussi des services spécialisés qui cadrent avec le tourisme médical. Outre les six hôpitaux publics prodiguant aussi des soins spécialisés, il existe 17 cliniques privées et 11 centres offrant des soins spécialisés ainsi que 278 laboratoires médicaux privés qui se positionnent dans ce secteur.
Plusieurs entreprises se positionnent sur ce créneau et l’intérêt de plusieurs groupes étrangers pour des développements à Maurice cadre avec l’essor que prend le tourisme médical ces dernières années dans le pays. Un intérêt croissant qui s’explique par l’accès à la technologie de pointe dans diverses domaines médicales, qui couvrent un large éventail de soins, mais aussi et surtout, par le rapport qualité/prix offert par les prestataires.
Selon le BOI, les étrangers qui ont recours au tourisme médical et qui choisissent Maurice comme destination se répartissent entre diverses catégories : examens de routine et diagnostic, dentisterie, orthopédie, dialyse, gynécologie, cardiologie, troubles psychiatriques. Une liste à laquelle s’ajoutent certains soins non remboursés par l’assurance médicale, telles la greffe de cheveux ou la chirurgie plastique. Dans le secteur, on laisse comprendre qu’un patient dépense en moyenne 6000 US par visite, allant des soins médicaux et voyage d’agrément. Les frais médicaux en eux-mêmes diffèrent en fonction des soins. Ainsi, si en moyenne les coûts pour la chirurgie cosmétique et reconstructive varient entre 1 000 et 75000 euros, les frais pour des soins en cardiologie varient être 10 et 10 000 euros. Maurice s’avère en effet être un choix pour des traitements à faible coût, de qualité et que l’on combine à des vacances.
36 % des patients viennent de France
Qui plus est, le positionnement géographique joue en faveur de Maurice. Selon le relevé du BOI, 36% de la clientèle du tourisme médical proviennent de France, 7 % de Madagascar, 4 % des Seychelles, 3 % de la Grande-Bretagne, 2 % des Comores, 2% de l’Afrique et 1 % de l’Inde. Outre La Réunion, nous accueillons aussi des patients étrangers de la Chine, du Canada, d’Allemagne, de l’Arabie Saoudite, du Congo, entre autres. Si avec 39 % le pourcentage de touristes venant “du reste du monde” apparaît plus fort que ceux des autres destinations, selon le BOI, c’est un combiné du nombre de patients individuels, venant de nombreux différents pays équivalant à une ou deux visites, qui donne ce chiffre. “Il faut surtout voir ce que cela donne par destination, par exemple sur l’Europe ou dans la région”, explique-t-on au BOI. Selon les observations de l’organisme,  généralement outre les pour les traitements médicaux (46%), les recours les plus courants des touristes aux soins de santé à Maurice concernent la chirurgie cosmétique (24%), les check up médicaux (18 %), la dentisterie (4 %), la cardiologie (3%), l’ophtalmologie (1%), l’orthopédie (1%), les soins laryngologie (1 %), et la fertilité ( 1 %). En tête des recours pour 2016, la chirurgie plastique. Viennent ensuite les diagnostics, puis les consultations diverses, les urgences, relatives principalement aux accidents, et traumatisme ; l’orthopédie, la chirurgie, l’oto-rhino-laryngologie, la dentisterie, la cardiologie, les implants capillaires, et finalement la fertilité.
Sur cette lancée, Maurice cherche à se positionner comme un centre d’excellence pour les multinationales spécialistes dans la médecine et ambitionne de devenir un centre de référence pour le tourisme médical. Objectif réalisable quand on tient compte de la réputation de Maurice en tant que destination de vacances. Outre le rapport qualité/prix, ce qui attire les patients pour le recours aux soins durant leur séjour dans l’île, c’est les facilités qu’offre le pays en la matière. En dehors de la technologie de pointe dont disposent les centres de santé, désormais, les patients bénéficient d’un traitement rapide en ce qui concerne la demande de visa.