La Tournée Rodriguaise 2014 s’est achevée hier avec un sentiment de satisfaction. Les promoteurs touristiques et femmes entrepreneurs ont eu l’occasion, pendant une semaine, de présenter leurs produits. Le commissaire du Tourisme et de l’Environnement, Richard Payendee, se dit confiant des retombées positives de cette opération. Suite à la dernière édition, les arrivées de Maurice avaient en effet grimpé de 29 %. Une campagne similaire sera organisée à La Réunion à la fin du mois d’octobre.
Rodrigues naturellement. C’est ainsi que se décline le rebranding de la destination rodriguaise. Pour mieux faire connaître les développements dans ce secteur, le commissaire Richard Payendee est venu en personne en parler aux tour-opérateurs cette semaine. Lors d’un atelier, il a réitéré le souhait de faire de Rodrigues une destination écologique. D’où la nécessité, a-t-il expliqué, de préserver le cachet authentique de l’île (voir hors-texte).
Cette tournée fait partie d’une campagne marketing visant à aller vers le client et lui donner un avant-goût du produit rodriguais. Dans cette optique, des entrepreneurs dans le domaine agroalimentaire et de l’artisanat, de même qu’une troupe culturelle ont fait le déplacement. La première semaine rodriguaise organisée en avril de cette année a eu des retombées très positives puisqu’une hausse de 28 % dans les arrivées de Maurice a été notée.
Stéphanie Prosper, du bureau du tourisme de Rodrigues, explique que de manière générale, les arrivées de Maurice connaissent une hausse constante. « De janvier à juillet 2014, 17 601 touristes ont visité Rodrigues, comparé à 17 075 à la même période l’année dernière. Le marché mauricien représente 65 % de nos arrivées. 18 % des touristes nous viennent de l’île de La Réunion, 10 % de France et le reste de différents pays d’Europe. »
Généralement, les visiteurs arrivent en famille ou en couple, indique notre interlocutrice. Ils passent une moyenne de 4 à 5 jours dans l’île. « Ces dernières années, il y a eu beaucoup d’activités mises en place dans l’île pour satisfaire les visiteurs. Ils peuvent par exemple faire de la tyrolienne ou visiter la réserve des tortues. »
Évolution de la destination
De même, l’offre au niveau de l’hébergement a évolué au fil des années. « Il y avait les hôtels et les gîtes. Depuis peu, on met aussi l’accent sur les lodges. » Stéphanie Prosper explique que chaque produit a sa clientèle : « Les Mauriciens aiment les hôtels, tandis que les Réunionnais et les Français préfèrent aller chez l’habitant. C’est une expérience qu’ils aiment. Ils sont en contact avec les gens, ils découvrent la culture. »
Pour mieux vendre Rodrigues aux Réunionnais, une tournée similaire à celle organisée à Maurice se tiendra à l’île soeur dans la dernière semaine d’octobre. Stéphanie Prosper explique que ce sera une occasion d’accroître la visibilité de Rodrigues. « Nous participons à différentes foires qui ne sont pas toujours appropriées pour notre destination. Cette tournée permettra aux Réunionnais de découvrir nos produits. »
L’arrivée des lodges et la vision écologique du nouveau commissaire poussent également les hôtels à se réinventer. À l’exemple du Cotton Bay Hotel, pionnier dans le secteur de l’hôtellerie à Rodrigues, qui a connu une rénovation l’année dernière. « La concurrence nous pousse à nous améliorer », dit Ajay Seewoochurn, Resident Manager de l’établissement.
Ce dernier, qui a travaillé au sein de grands groupes hôteliers à Maurice et en Afrique du Sud, constate que Rodrigues est une destination à part. « La tranquillité, la sécurité, la beauté naturelle de l’île et l’hospitalité des gens sont des atouts à préserver. »
Il ajoute partager la vision du commissaire du tourisme sur la nécessité de préserver l’environnement et l’authenticité de l’île. « Depuis longtemps nous avons notre propre station de dessalement d’eau de mer, nous donnons la priorité aux produits locaux et deux fois par semaine, nous avons un buffet rodriguais. »
Ajay Seewoochurn pense que le tourisme à Rodrigues a de beaux jours devant lui. Il est toutefois d’avis que certaines infrastructures, notamment les routes devant les hôtels, doivent être améliorées.
Stéphanie Prosper rassure que tout sera mis en oeuvre pour préserver le cachet naturel de l’île. « Tout est mis en oeuvre pour s’assurer que les différentes activités touristiques respectent notre environnement. D’ailleurs, nous avons fait de « Rodrigues naturellement » notre nouvelle identité. »