En dépit de l’assurance affichée par le président de la MTPA, Robert Desvaux avançant que « les statistiques relatives aux arrivées touristiques ne sont pas en baisse actuellement, mais plutôt stagnantes », force est de constater que le mois d’août n’a pas également pas été fructueuse pour l’industrie du Tourisme. Les derniers chiffres publiés par le Bureau Central des Statistiques démontrent une décroissance de 1,4% pour le mois d’août, avec 65, 896 arrivées contre 66, 865 à la même époque l’année dernière. Dans la région, si le Sri Lanka a accusé une hausse de 15,8% en termes d’arrivées touristiques pour la période janvier à août 2012, avec 622, 661 visiteurs, les Maldives surclassent Maurice avec 614 802 arrivées (+2.9%) la totalité du nombre d’arrivées à Maurice s’élevant à 609 215. Des données qui n’augurent aucun bon présage pour l’industrie, disent les professionnels du secteur, indiquant qu’il n’existe à ce stade aucune visibilité pour la haute saison.
Depuis le début de l’année, il n’y a par ailleurs aucun signe d’amélioration dans le secteur, disent les professionnels. Ils font ressortir que la situation est alarmante et les derniers chiffres en termes d’arrivées pour le mois d’août accentuent la pression sur le secteur.
Les dernières informations publiées par le Bureau des Statistiques indiquent en effet que l’industrie stagne avec une croissance zéro pour les huit premiers mois de l’année. Seul le marché chinois se démarque avec 13, 431 arrivées depuis janvier 2012 à ce jour, soit affichant une croissance de 43, 1 %. L’année dernière sur la même période, le pays avait enregistré 9 385 arrivées en provenance de Chine. Le marché européen accuse lui une baisse de 7.5%, avec 351, 441 arrivées de janvier à août 2012, contre, 379, 949 en 2011. Les arrivées sur notre principal marché continuent de baisser, le nombre de touristes en provenance de France s’élevant à 167, 250 pour les huit premiers mois de l’année, contre 188, 215 en 2011, représentant une baisse de 11.1%.
Au niveau de la concurrence régionale, alors que le Sri Lanka, les Maldives et les Seychelles affichent respectivement une croissance de 15,8%, 2,9% et 5,4%, Maurice, elle, affiche zéro de croissance, le nombre d’arrivées touristiques pour la période de janvier à août 2012 s’élevant à 609, 215 contre 609 503 pour la même période l’année dernière. Durant les huit premiers mois de 2012, 614 802 touristes ont visité Les Maldives qui a accueilli pour la même période en 2011, 597 311 visiteurs. Avec 622 661 visiteurs de janvier à août 2012, le Sri Lanka connaît lui une croissance de 15,8% alors que les Seychelles comptent elles 134, 692 visiteurs pour la même période, contre 127 810 l’an dernier.
Au-devant de ces chiffres et tenant compte du taux de remplissage dans les hôtels, les opérateurs du secteur se disent très inquiets. S’ils espèrent une remontée durant la haute saison, ils font ressortir que jusqu’ici, il n’y a aucune visibilité quant à ce que sera la tendance. Les gros nuages qui se sont abattus sur le secteur s’épaississent de plus en plus, disent-ils, la destination subissant de plein fouet la crise de l’euro et également un taux de change défavorable. D’autres observateurs attribuent cette baisse de performance par la limitation de l’accès aérien et le manque de visibilité, mais aussi à la perte d’attractivité de Maurice sur certains gros marchés, cela, face à la féroce concurrence dans la région.
Les hôteliers cinq étoiles invités à revoir leur copie
Ainsi, depuis le déclenchement de la crise, pour attirer les touristes, certains opérateurs ont bradé les prix. Maurice, connue comme une destination de luxe, attire aujourd’hui davantage une clientèle de masse. Une clientèle qui ne dépense énormément pas dans nos commerces et qui préfère la pratique du All-Inclusive packages prônés par les hôteliers pour rester la tête hors de l’eau en cette période de crise. Si en dépit des doléances des petits opérateurs qui déplorent leur manque à gagner face à ce type de séjour entièrement planifié et encadré du début à la fin par le personnel de l’hôtel, et fait que les touristes qui optent pour cette formule ne sortent pas beaucoup des hôtels, les hôteliers soutiennent que cette formule est nécessaire en raison de la tendance sur le marché.
Or, au risque de déplaire aux gros établissements hôteliers, le président de la MTPA, qui n’est pas hostile au produit all inclusive dans les établissements 4 et 3 étoiles, a invité les hôteliers cinq étoiles à revoir leur copie. Selon lui, le luxe de l’hôtellerie mauricienne ne peut pas cohabiter avec la formule de vacances all inclusive. Il soutient qu' »il est urgent que les hôtels concernés abandonnent cette pratique » qui amène à « brouiller l’image de qualité de la destination ». Selon Robert Desvaux, cela serait « totalement incompatible avec l’image haut de gamme qui a fait la notoriété de la destination ». Ce changement de cap inattendu a été accueilli de façon très mitigée par les professionnels du secteur. D’autant que ce type d’offres dans les hôtels de luxe est véhiculé depuis quelques temps déjà par le gouvernement lui-même.
Visibilité
Face à cette période sensible que traverse l’industrie et où les chiffres d’arrivées touristiques émargent à la baisse, les opérateurs se trouvent devant un défi majeur à relever. La 34ème édition de l’IFTM Top Resa 2012 regroupant des centaines de professionnels du tourisme, des réceptifs, des transporteurs aériens, des hôteliers et des tours opérateurs venus présenter leurs offres, qui s’est tenue la semaine dernière aux Portes de Versailles, devait être l’occasion pour les autorités et les partenaires de l’industrie touristique de mettre en avant l’offre Maurice. L’objectif étant de réaffirmer le positionnement haut de gamme de la destination, les valeurs sûres de Maurice comme la stabilité, la qualité du service et de l’hôtellerie, la diversité culturelle et la richesse de l’intérieur de l’île. Parallèlement, Maurice a participé à la 18ème édition de l’OTDYKH Leisure qui a débuté la semaine dernière à Moscou, en Russie. Les objectifs de la MTPA à travers ce salon sont d’identifier les différents potentiels qu’offre la Russie afin d’accroître une croissance et d’augmenter la visibilité de notre destination sur le marché Russe.
Pour les opérateurs du secteur, l’urgence demeure la visibilité de Maurice sur les différents marchés. Estimant qu’il est urgent de reconsidérer la stratégie de marketing ainsi que l’image réelle de Maurice que nous souhaitons promouvoir auprès des étrangers, les opérateurs souhaitent une optimisation des opérations marketing de l’office du Tourisme. Ils espèrent également de vraies réflexions approfondies sur la situation dans le secteur et un plan d’action concret pour que l’industrie du Tourisme à Maurice puisse à nouveau décoller…