À compter du 15 juin prochain, de nouveaux règlements seront en vigueur pour le service de taxis dans les hôtels et à l’aéroport. L’une d’elles est toutefois particulièrement contestée par les taximans dits « externes », soit ceux qui opèrent ordinairement d’après un système de “voucher” émis par les tour-opérateurs. Cette nouvelle mesure de la Tourism Authority leur interdira bientôt de récupérer les touristes pour des excursions et sorties dans l’enceinte des hôtels.
D’un côté, les chauffeurs de taxis réguliers réunis au sein de l’Island Taxi Owners & Drivers Association et, de l’autre, ceux basés devant les hôtels réunis sous la Federation of Hotel Taxis Association. Alors que les premiers nommés ont commencé à galvaniser leurs membres et collègues au sujet des nouveaux règlements de la Tourism Authority, qui font l’unanimité, les taximans d’hôtel, eux, saluent l’introduction de ces nouveaux règlements qui entreront en vigueur à partir du 15 juin prochain (voir encadré).
Les chauffeurs de taxis dits « externes », c’est-à-dire ceux qui ne sont pas basés dans les hôtels, se sont réunis hier soir à Goodlands pour évoquer la situation. Jeudi, ils ont tenu une conférence de presse pour alerter l’opinion publique et ont sollicité l’appui du travailleur social Georges Ah-Yan dans leur combat. Dilyat Sewpaul, président de l’Island Taxi Owners & Drivers Associations, qui regroupe quelque 200 membres, demande au gouvernement de revoir sa décision prise en s’appuyant sur leur Public Service Vehicule Licence, qui leur permet de « pick up/collect a passenger at any place when he has been booked or called upon to do so either by an agency/tour operator on behalf of the passenger or the passenger itself ».
Ces derniers fonctionnent d’après un système de “voucher” et travaillent directement avec les tour-opérateurs. En d’autres mots, leurs services sont retenus à l’avance et ils n’ont aucun contact direct avec le touriste et le client d’hôtel, comme explique Vikash Koomja, membre de l’association. « Nous travaillons d’après une manière très disciplinée », fait ressortir notre interlocuteur.
Cependant, les nouveaux règlements de la Tourism Authority, approuvés par le gouvernement pour une entrée en vigueur à partir du 15 juin prochain, stipulent que les « contracts cars » et taxis provenant d’autres bases d’opération n’auront pas accès à l’enceinte des hôtels afin de récupérer les touristes pour des excursions et sorties. Seule exception : les voitures conduites par un chauffeur dont les services ont été retenus depuis un bon moment par les tour-opérateurs.
D’après les chauffeurs de taxi de l’Island Taxi Owners & Drivers Association, les clients auront à attendre le taxi à l’extérieur de l’hôtel. « Ce qui n’est pas professionnel », insistent-ils. Dans une lettre adressée au deputy Prime minister et ministre du Tourisme Xavier-Luc Duval ainsi qu’au ministre du Transport Nando Bodha, l’association explique que cette mesure en particulier va « trample the rights of taxi drivers », la qualifiant même « d’anticonstitutionnelle », car ces chauffeurs de taxi seraient privés de leurs droits.
Les chauffeurs de taxi « externes » ne sont en effet pas bien accueillis par les taximans d’hôtels. Ces derniers les accusent de leur voler leurs clients. Mais pour les chauffeurs de taxi « externes », cela ne relève pas de la concurrence déloyale.
Une mobilisation est à prévoir dans les jours à venir. L’Island Taxi Owners’& Drivers Association en appelle au Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, afin qu’il intervienne sur ce dossier. Une marche pacifique du Champ-de-Mars jusqu’au Jardin de la Compagnie n’est pas à écarter.