Une équipe canadienne était récemment à Maurice pour le tournage d’un documentaire sur les courses hippiques. Intitulé I’ve seen the unicorn, celui-ci suit principalement le parcours d’un jeune apprenti jockey, dont le rêve est de devenir professionnel.
Pendant 21 jours, Sophie Bedard Marcotte (enregistreuse de son), George Fok (directeur de la photographie), Bernard Li Kwong Ken (production manager), Marley Sniatowsky (producteur) et Vincent Toi (réalisateur) ont observé à la loupe le paysage hippique de notre île. Un parcours qui les a menés à Trou-d’Eau-Douce, où habite le palefrenier aspirant jockey, à Floréal, où est situé le Club Hippique de Maurice, et, évidemment, au Champ de Mars, où ont lieu les journées de courses. “Les courses hippiques à Maurice font partie du folklore du pays. D’après les données que nous avons eues, plus de 20 000 personnes font le déplacement au Champ de Mars lors des journées de courses. De plus, l’année prochaine, le Champ de Mars va fêter son bicentenaire. C’était le moment idéal pour réaliser un tel projet”, indique Vincent Toi.
Le rêve d’Alzinio.
Alzinio Roy, 15 ans, est le personnage principal du documentaire. C’est son histoire qui est portée à l’écran, celle d’un palefrenier du Club Hippique de Maurice qui rêve de devenir jockey. Son histoire colle bien au titre du documentaire, qui évoque justement un animal fabuleux et, par extension, le monde du rêve. L’équipe de tournage a ainsi suivi le jeune garçon dans son quotidien, depuis sa demeure à Trou-d’Eau-Douce, et son parcours jusqu’au Club Hippique à Floréal. “On est arrivé chez lui à 4 heures du matin, avant de le suivre jusqu’au Club Hippique. Il lui en faut du courage, pour se lever si tôt tous les jours et faire le trajet”, dit Vincent Toi.
Le point culminant du documentaire : la journée de la Maiden Cup, tenue le dimanche 11 septembre. “La course de la Maiden Cup est le climax du film. Remporter cette course est le rêve ultime de ce jeune garçon”, souligne Vincent Toi. “On avait l’histoire en tête, et elle a quelque peu changé en cours de route. Mais on a eu beaucoup de chance de ne pas tomber loin de notre idée originale avec les contacts que nous avons eus. On a trouvé les personnages qu’on voulait”, poursuit-il.
Protagonistes.
I’ve seen the unicorn présentera également des personnages importants du paysage hippique mauricien, avec, entre autres, Soon Gujadhur, entraîneur de l’écurie du même nom, et Robbie Burke, jockey de l’écurie. Le hasard a voulu que ce soit l’écurie Gujadhur qui remporte cette prestigieuse épreuve, à travers son coursier Senor Versace. Son jockey attitré a cependant terminé à la deuxième place de la course, alors qu’il était en selle sur l’autre représentant de la plus vieille écurie du turf mauricien, Accupa. On retrouvera également dans ce documentaire un turfiste invétéré ainsi que le témoignage de bookmakers.
Projets.
Selon Vincent Toi, la phase d’édition du film devrait prendre huit à onze mois. Le documentaire devrait avoir une durée de projection de 70 à 90 minutes. Il sera diffusé sur les vols d’Air Mauritius. Il est également prévu qu’il soit envoyé à plusieurs festivals, comme le Festival du Nouveau Cinéma, les Rendez-Vous du Cinéma Québécois, ou encore les Hot Docs au Canada. De même, une version télévisuelle de la production devrait voir le jour aussitôt qu’une station télé montrera de l’intérêt à le diffuser. Il pourrait également être projeté à Maurice, dans nos salles de cinéma.
Satisfaction.
Le réalisateur soutient que les trois semaines de tournage ont répondu à ses attentes. “Je suis extrêmement satisfait, grâce à l’équipe formidable avec laquelle j’ai collaboré et aux personnes qui nous ont aidés en cours de route. Je pense particulièrement à Shan Ip et son équipe au Mauritius Turf Club, à Donald Payen d’Air Mauritius, à Vincent Ah Chuen et son équipe d’ABC Motors, ainsi qu’à Kurwin Castel, percussionniste de Menwar.” Vincent Toi indique que ce retour au pays lui a également fait redécouvrir pas mal de choses. “En tant qu’expatrié, j’ai eu tendance à oublier la beauté et la générosité de Maurice. Durant le tournage, mes collègues et moi avons pu découvrir comment est le Mauricien.”
Vincent Toi.
Vincent Toi est en effet un fils du sol qui est parti pour ses études au Canada à l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son diplôme, il a travaillé pendant six ans comme art director. Il a ainsi participé à la production de quelques films à petit budget, dont Turbid, qui a été sélectionné pour le Festival du Nouveau Cinéma, les Rendez-Vous Cinéma Québécois et le Vancouver Asian Film Festival. Ce film a, de plus, obtenu une médaille de bronze au Houston Film Festival.