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A voir les milliers de fake news qui circulent concernant un éventuel cas de coronavirus à Maurice, l’inquiétude est bien réelle au sein de la population. D’autant plus que l’épidémie, à l’origine de milliers de décès et de centaines de milliers d’infections à travers le monde, n’a de cesse de se propager et est partie pour durer.

Origine, symptômes, transmission, nombre de cas, traitement, mesures de prévention On fait le point sur ce virus apparu à Wuhan, dans le centre de la Chine fin décembre 2019. Le Covid-19 (anciennement appelé 2019-nCoV) appartient à une grande famille de virus, les coronavirus. Très fréquents, ils peuvent aussi bien provoquer un simple rhume qu’une grave infection respiratoire de type pneumonie, à l’origine d’épidémies mortelles comme ce fut le cas avec le Sras ou le Mers et maintenant avec le Covid-19.

Qu’est-ce qu’un coronavirus ?

Les coronavirus, qui doivent leur nom à la forme de couronne qu’ont les protéines qui les enrobent, font partie d’une vaste famille de virus responsables de plusieurs infections chez certains mammifères ainsi que chez l’homme. Regroupant sept types de virus, dont trois très dangereux, ils sont susceptibles d’être à l’origine d’un large éventail de maladies. Chez l’homme, ces maladies vont du rhume banal à une infection pulmonaire sévère, responsable d’une détresse respiratoire aiguë.

Les coronavirus à l’origine d’épidémies mortelles

Deux épidémies mortelles sont déjà survenues au 21e siècle, impliquant des coronavirus émergents, hébergés par des animaux et soudain transmis à l’homme : le SRAS-CoV (2002-2003), ou coronavirus à l’origine d’un syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), apparu en Chine : plus de 8 000 cas ont été recensés dans 30 pays et 774 personnes sont décédées (soit près de 10 % de mortalité).

Le MERS-CoV (2012-2013), ou coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient, ainsi appelé car il a été détecté pour la première fois en Arabie Saoudite. 1 589 cas et 567 décès dans 26 pays ont été enregistrées (soit un taux de mortalité d’environ 30 % ).

La troisième épidémie mortelle est celle liée au coronavirus Covid-19 (anciennement appelé 2019-nCoV), apparu en Chine en décembre 2019. Les premiers cas recensés sont des personnes s’étant rendues sur un marché local, à Wuhan, dans le province de Hubei.

Comment se transmettent les coronavirus émergents ?

Les coronavirus sont d’origine animale : une espèce ( « réservoir ») héberge un virus sans être malade et le transmet à une autre espèce, qui le transmet ensuite à l’homme. Dans les cas du SRAS-CoV et du MERS-CoV, l’animal réservoir était la chauve-souris. Comme l’explique l’Inserm, « le virus est asymptomatique chez cet animal. Un hôte intermédiaire est donc nécessaire à la transmission de ces virus à l’homme : la civette palmiste masquée pour le SRAS-CoV, vendue sur les marchés et consommé au sud de la Chine, et le dromadaire pour le MERS-CoV ».

En ce qui concerne le Covid-19, le réservoir pourrait également être la chauve-souris. C’est à la fin du mois de décembre, sur un marché local spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons dans la province de Hubei, en Chine, que serait apparu le fameux 2019-nCoV. Début février, une équipe de chercheurs chinois de l’université d’agriculture du sud de la Chine a estimé que le chaînon manquant pourrait être le pangolin, un petit mammifère à écailles, en voie d’extinction. Mais la prudence est de mise, en attendant une confirmation définitive.

Une transmission interhumaine

Les coronavirus SRAS-CoV et le MERS-CoV se transmettent non seulement de l’animal à l’homme mais aussi d’homme à homme. La transmission interhumaine est également avérée pour le Covid-19. Le virus se transmettrait entre humains par voie aérienne, par les postillons (gouttelettes de salive) lors de contacts directs, en se serrant la main, par exemple, ou en toussant, en éternuant ou encore en touchant un objet contaminé, à l’instar du virus de la grippe. Il faut donc des contacts étroits et prolongés pour la transmettre (famille, même chambre d’hôpital ) ou avoir eu un contact à moins de 1 mètre du malade, en l’absence de mesures de protection efficaces. Un des facteurs de transmission les plus importants semble être le contact avec des mains non lavées. Les mesures dites « barrières » sont donc indispensables pour limiter l’impact du virus : se laver fréquemment les mains avec du savon ou du gel hydro alcoolique, éternuer ou tousser dans son coude, et utiliser des mouchoirs à usage unique. A noter que le temps d’incubation est estimé entre 10 et 14 jours.

Une transmission environnementale

Si les autorités sanitaires insistent sur le fait que les objets en provenance (comme les lettres et les cartons) ne permettent pas au virus de survivre pendant un laps de temps suffisant. En fonction des températures et du taux d’humidité, le virus peut néanmoins survivre quelques heures, voir quelques jours sur diverses surfaces si elles ne sont pas désinfectées. C’est pourquoi il est essentiel d’éviter de se toucher les yeux, le nez ou la bouche (qui sont des portes d’entrée possibles du virus dans votre organisme) avec des mains sales.

Les symptômes du Covid-19

À l’instar d’une grippe, les premiers symptômes s’apparentent à ceux d’un rhume couplés à des maux de tête, de la fatigue, de la toux, de la fièvre ou une gorge irritée. Certaines personnes peuvent également souffrir de courbatures, de maux de tête, d’une sensation d’oppression ou d’essoufflement. Ces symptômes évoquent une infection respiratoire aiguë ou des anomalies pulmonaires détectables radiologiquement. Dans les cas plus graves, l’infection peut provoquer « une détresse respiratoire, une insuffisance rénale aiguë, voire une défaillance multiviscérale pouvant entraîner la mort ».

Pour rappel : la maladie reste bénigne dans 80 % des cas et les chercheurs estiment le taux global de mortalité du virus à environ 3, 4 %. Certains patients présentent également une forme asymptomatique du virus : ils sont porteurs du virus, mais n’en déclarent pas les symptômes.

Compte tenu du fait que ces symptômes peuvent également être confondus avec ceux d’une grippe, le seul moyen de confirmer le diagnostic est d’effectuer un test biologique par prélèvements dans les voies nasales ou respiratoires. Le résultat peut être obtenu généralement en 6 heures.

Traitement

À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement pour venir à bout du coronavirus. Le Covid-19 est tellement nouveau et spécifique qu’il faut élaborer un vaccin qui lui est propre. Des dizaines d’essais cliniques sont en cours. Selon l’Institut Pasteur, le vaccin, si on le trouve, ne serait pas disponible avant l’automne 2021. Dès lors, le traitement est dit symptomatique (il vise à soulager les symptômes) : médicaments contre la fièvre (antipyrétiques) Dans les formes sévères, les personnes malades peuvent recevoir des antibiotiques lorsqu’une co-infection bactérienne est présente, être mises sous assistance respiratoire

Des médicaments ayant fait leurs preuves dans le traitement d’autres maladies, notamment virales, sont actuellement testées contre le coronavirus.

Y a-t-il des personnes à risque de développer une forme plus sévère de la maladie ?

Les informations disponibles suggèrent que le virus peut causer des symptômes similaires à ceux d’une grippe modérée, mais aussi des symptômes plus graves. Comme pour beaucoup de maladies infectieuses, les personnes présentant des maladies chroniques préexistantes (hypertension, maladies cardiovasculaires, diabète, maladies hépatiques, maladies respiratoires ) semblent plus susceptibles de développer des formes sévères, de même que les personnes âgées et immunodéprimées.

Les patients atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) seraient particulièrement vulnérables. Les enfants de moins de quinze ans, eux, seraient peu susceptibles de déclencher une forme sévère de coronavirus. Une étude parue fin février dans la revue Jama indique également que les hommes pourraient être plus impactés par le virus.

Combien de personnes sont touchées par le Covid-19 ?

Dans le monde, selon les estimations au 11 mars, près de 120, 000 cas ont été recensés, plus de 64 040 personnes sont guéries et 4, 292 personnes sont décédées, dont 3, 158 sur le territoire chinois où l’épidémie semble toutefois ralentir. Au total, 105 pays et territoires répartis sur cinq continents sont désormais impactés par l’épidémie. Les pays les plus touchés, hors Chine, sont l’Italie, l’Iran et la Corée du Sud.  » Se croire à l’abri de la maladie serait une erreur fatale », a insisté Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé.

Prévention

Pour réduire le risque d’infection par un coronavirus, en sus de la mise en quarantaine des cas suspects et de leur entourage, il est recommandé de :

– Se laver les mains régulièrement au savon pendant 20 bonnes secondes

– Tousser et éternuer dans un mouchoir à usage unique

– Éviter de se toucher les yeux, le nez ou la bouche.

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