Opérationnel depuis plusieurs mois, Oasis Nou Lespwar, premier et unique centre accueillant les malades et dépendants des substances telles le Brown Sugar, le Subutex et le gandia et l’alcool, habitant la région sud, a été officiellement ouvert, ce jeudi 19. L’inauguration a été l’occasion de saluer les efforts de sept bénéficiaires, premiers patients du centre, à avoir complété leur thérapie. Oasis Nou Lespwar est le fruit d’un partenariat privé et public entre les fondations ENL, Omnicane et la National Empowerment Foundation (NEF).
« Nous aurions souhaité que cet esprit de collaboration soit renforcé », a déclaré H. Espitalier-Noël, s’agissant du partenariat privé/public ayant résulté en l’ouverture de l’unique centre de traitement du Sud, Oasis Nou Lespwar. « Les entreprises comprennent bien qu’elles ont une responsabilité sociale qui doit être assumée jusqu’au bout pour la pérennité de la croissance, la leur et celle du pays. » Le CEO d’ENL a ajouté : « Pour qu’elles puissent s’en acquitter de manière optimale, il faudrait toutefois qu’elles puissent évoluer dans un cadre réglementaire simple et fluide, sans encombrements administratifs superflus. » De ce fait, a souligné M. Espitalier-Noël, « j’en appelle donc à une collaboration plus rapprochée car ce n’est qu’à cette condition que nous parviendrons à trouver des solutions optimales pour combattre la pauvreté et l’exclusion. »
Une étude sociale menée en 2009 a établi que « les régions du sud sont touchées, de manière importante, par les fléaux que sont l’alcool et la toxicomanie. » D’où la nécessité de la création d’un centre destiné aux malades de ces substances, car le Sud ne possède aucune structure d’accueil ni d’accompagnement de ceux et celles souffrant de dépendances aux substances et à l’alcool. Cette étude et le fait que cette région « avait grand besoin d’un centre vers lequel les personnes souhaitant sortir de ces enfers pouvaient se tourner », ont été relevés par les deux CEO des fondations ENL et Omnicane et le ministre de l’Intégration sociale, Suren Dayal, dans leurs allocutions respectives.
L’inauguration du centre Oasis Nou Lespwar était l’occasion pour sept bénéficiaires de se voir remettre des “pins” et salués pour avoir complété leur thérapie. « Cette cérémonie est un peu, pour nous, comme la graduation, a expliqué le responsable du centre, Linley Lachicorée. Il faisait ainsi référence au programme de réhabilitation et de réinsertion pratiquée par le Centre de Solidarité pour une Nouvelle Vie (CDS), dont il a été lui-même un animateur.
Sanjay, 33 ans, habitant L’Escalier, a ponctué l’ouverture d’Oasis Nou Lespwar par son témoignage empreint d’émotion et de sentiment. « Pendan 20 an mo finn esklav lalkol », a-t-il expliqué. S’excusant pour sa timidité et trouvant les mots, Sanjay devait « rassurer tout le monde que je ne vais pas rechuter. En tout cas, tant que le centre et son staff sont là, je ne risque pas de retomber… » Le témoignage de Sanjay a été salué par L. Lachicorée qui a parlé de ce bénéficiaire comme « le plus ancien de nos stagiaires et qui agit, aujourd’hui, comme le grand frère de tous ceux qui viennent solliciter nos services. »
Sur ce plan, Tassarajen Pillay, ministre des Technologies de l’Information et de la Communication, et député de la circonscription, devait, dans son discours, relever le fait que « les problèmes de la drogue et de l’alcool, cela peut arriver à tout le monde. Même à nos enfants. C’est pour cela qu’il nous faut tous faire quelque chose. » Jacques D’Unienville, CEO d’Omnicane devait, pour sa part, rappeler que « ceux et celles qui sont devenus esclaves des drogues et de l’alcool méritent une seconde chance. Dans la région du sud, ces personnes n’avaient aucun encadrement ni de structure d’écoute et d’accueil. D’où notre intérêt à collaborer à ce projet. » Dans le même souffle, T. Pillay devait noter que « ces personnes méritent notre soutien et notre encouragement quand ils se reprennent en mains. Cependant, tous leurs efforts et leur volonté de s’en sortir peuvent s’avérer vains si, à l’issue de leurs programmes de réhabilitation, ils ne trouvent pas de travail. »
Suren Dayal, de son côté, a rappelé qu’au sein de son ministère, et par le biais de la NEF, « nous avons à coeur ce combat. D’ailleurs, dans le souci de mieux aider, nous avons également lancé un programme de formation et de placement. Ce qui fait que nous aidons ceux et celles souhaitant sortir du gouffre, à trouver un emploi. »
Oasis Nou Lespwar étant désormais officiellement ouvert, a confié au Mauricien, Mario Radegonde, responsable de la fondation ENL, « nous allons maintenant vers les gens habitant des différentes régions du sud pour les orienter vers le centre. C’est la prochaine étape. »