Les associations de commerçants des Villes-Soeurs ont démandé à leurs membres mercredi après-midi, lors d’une réunion, de ne pas payer la 2e tranche des “Trade fees” pour l’année en cours, et ce en signe de protestation contre ce qu’elles considèrent comme étant une « politique de deux poids, deux mesures pratiquées par la municipalité », faisant ainsi référence aux marchands ambulants. « Payer les  “Trade fees” serait cautionner l’illégalité et subventionner l’irresponsabilité », a lancé Prakash Permala, président de l’Association des commerçants de Beau-Bassin/Rose-Hill.
Tour à tour, hier après-midi, Prakash Permala, Fazila  Ghooradoo (Association Marchands La Foire Da Patten) et Massood Jaunboccus (Plaines-Wilhems Market Traders Association) ont fait l’historique du problème des marchands ambulants, qui a eu, disent-ils, « une répercussion néfaste » sur leur travail, et ce en dépit d’un jugement de la Cour prononcé en leur faveur en 2010. Les responsables de ces trois associations ont beaucoup insisté hier sur le « caractère illégal » des activités de ces marchands qui, de surcroît, « ne paient aucune redevance » à la mairie. Ce faisant, ils blâment la municipalité des Villes-Soeurs ainsi que les autorités engagées dans le maintien de l’ordre, pour la « concurrence illégale et déloyale » que leur font les “hawkers” présents dans le centre-ville.
« L’avis de la municipalité, qui a été publié dans la presse, concernant le paiement de la deuxième tranche des “Trade fees” avant le 31 juillet, et surtout la sanction qui y est mentionnée, constituent une insulte à l’égard des commerçants. Les marchands ambulants foisonnent dans tous les coins du centre-ville de Rose-Hill sans qu’ils ne rapportent le moindre sou dans les caisses municipales, de même qu’ils ne respectent aucun règlement. Après le paiement des “Trade fees”, les commerçants seront livrés, avec la complicité des autorités, y compris la municipalité, pieds et mains liés aux mains des marchands de rue, et ce jusqu’à la fin de l’année et, donc, pendant les fêtes de Noël. La situation sera pire puisque des centaines de marchands, venus des quatre coins du pays, envahiront le centre-ville », dit M. Permala, visiblement très en colère.
Interrogé sur le refus des associations de commerçants de payer la deuxième tranche des “Trade fees”, Rached Daureawoo, le maire des Villes-Soeurs, rappelle d’abord la sanction appliquée par l’administration municipale pour tout retard de paiement, soit une amende de… 50%. « Les règlements s’appliquent à tout le monde et ceux qui ne paient pas seront sanctionnés, dit le maire. Selon ce dernier, un bon nombre de commerçants se sont déjà mis en règle avec les caisses municipales pour cette année financière, ajoutant que certains ont même payé la totalité des “Trade fees”, d’autres ne s’étant acquittés que de la première tranche. Rappelons qu’après le tollé qu’avait provoqué l’augmentation des “Trade fees” en début d’année dans les milieux des commerçants, la municipalité s’était ravisée et avait ramené le montant à la baisse, soit une réduction de 40 à 50%. « Dans le cas de ceux ayant payé la totalité de la somme, la municipalité tiendra compte, pour la prochaine année financière, du surplus qu’ils ont payé », explique le maire. Ce dernier dit déplorer que les associations de commerçants fassent, ces jours-ci, « l’amalgame “Trade fees”-marchands ambulants ». Il explique : « Ce sont deux questions tout à fait distinctes. Il est absolument faux de dire que la mairie tolère les activités illégales et laisse le champ libre aux marchands ambulants. Nos inspecteurs sont tous les jours sur le terrain et dressent régulièrement des contraventions. Il y a eu aussi beaucoup de saisies d’articles depuis le début de l’année. Les statistiques démontrent une nette amélioration de la situation dans le centre-ville. »
Durant les six premiers mois de l’année, la municipalité a dressé 51 contraventions contre des “hawkers” et procédé à 28 saisies d’articles. Le maire soutient que le Conseil municipal est conscient des difficultés auxquels sont confrontés les commerçants de la ville. Il affirme que la mairie a pris « certaines mesures pour les encourager » dans leurs activités, comme par exemple de leur offrir des facilités de parking.