Jetant un coup d’oeil sur la situation socio-économique dans le pays, les commerçants, regroupés au sein du Front commun des commerçants de l’île Maurice (FCCIM), annoncent qu’ils bouderont la deuxième tranche du paiement à partir de juin. Ces derniers craignent en effet un retard dans l’application des nouveaux chiffres liée aux “trade fees” par l’Association of Urban Authorities (AUA), regroupant les cinq municipalités du pays.
Les tarifs commerciaux sont payables en deux tranches. Alors que les commerçants ont accepté de s’acquitter des nouveaux chiffres qui ont connu une hausse au début de cette année, ceux du FCCIM affirment que ses membres bouderont la tranche de paiement prévu pour le mois de juin. Ces chiffres, qui auraient dû connaître une baisse, sont toujours  attendus. L’AUA, dont les membres se sont réunis lundi dernier, affirme qu’elle prendra « plus de temps » avant de dévoiler sa position. Un avis légal est envisagé dans cette optique. Du côté des commerçants, le boycott du paiement de la tranche prévue pour juin n’est pas à écarter. « Nous pensions que les nouveaux chiffres seraient applicables en juin de cette année. Mais compte tenu de la situation actuelle, tout porte à croire que l’entrée en vigueur de ces nouveaux tarifs connaîtra un retard », explique le président du FCCIM, Raj Appadu. La voix de plus d’une centaine de commerces opérant dans les villes dénonce par ailleurs la hausse d’activités illégales soutenues par « tous les partis politiques ». Selon le porte-parole des commerçants, la prolifération des marchands ambulants, encouragée par des ministres et députés, aurait conduit plus de 400 commerces à mettre la clé sous la porte. Revenant sur la situation économique « difficile », responsable selon lui d’une perte de revenus de plus de 65%, M. Appadu constate que les commerçants peinent à joindre les deux bouts. « Si les autorités permettent le commerce illégal, pourquoi, nous, les commerçants, ne pouvons-nous pas opérer illégalement en ne payant pas les “trade fees” ? » s’interroge-t-il. Et de juger « unfair » la hausse des “trade fees” dans une telle situation. La FCCIM réclame également une rencontre avec les membres de l’AUA ainsi qu’avec Hervé Aimée, ministre des Administrations régionales. Souhaitant non seulement une baisse des tarifs, le FCCIM réclame de plus l’interdiction d’opérer des marchands ambulants dans les villes par les autorités urbaines.