Des commerçants ont manifesté en fin de matinée devant l’hôtel du gouvernement à Port-Louis, en vue de réclamer l’abolition des augmentations des Trade fees. Ils lancent un ultimatum au GM afin que ce dernier abolisse cette nouvelle mesure qui, soutiennent-ils, conduira les opérateurs économique vers une « mort lente ».
Dans une lettre au Premier ministre, le Front commun des commerçants de l’Île Maurice (FCCIM), parlant au nom de diverses associations dont la Mauritius Shop Owners Association (MSOA), la Market Traders Association (MTA) et l’Association des agents immobiliers (AAI), réclame l’abolition de la majoration des trade fees. Le porte-parole des commerçants fait également référence aux lettres envoyées à Hervé Aimée, ministre des Administrations régionales, ainsi qu’aux responsables des collectivités locales. Raj Appadu, président du FCCIM, soutient que l’augmentation des trade fees varie entre 20 % et 100 %. Une mesure qui, affirme ce dernier, « will put the self-employed out of business with disastrous consequences for the individuals concerned, their families and employees ». Et de souligner la nature du trade fee, qui dit-il, « is a registration fee for control and statistical purposes ; basically, it cannot be considered as a source of revenue, as such ».
Dans un deuxième temps, les manifestants ont dénoncé la manière de faire du GM. « Il était prévu que nous déposions la lettre au bureau de Xavier-Luc Duval, VPM et ministre des Finances, et Acting PM à partir d’aujourd’hui. Mais nous n’y avons pas eu accès. C’est un constable qui a récupéré la lettre », déplore Raj Appadu. Par ailleurs, soutient notre interlocuteur, « si c’était Rashid Beebeejaun qui assurait la suppléance, nous n’aurions jamais déposé notre lettre aujourd’hui, car ce dernier a clairement affiché sa position l’année dernière en participant avec d’autres ministres et députés à une manifestation devant la municipalité de Port-Louis avec les marchands ambulants. Nous ne pouvons pas non plus faire confiance aux membres de l’opposition car Reza Uteem s’est également engagé en tant qu’avocat dans la lutte des marchands ambulants alors que ces derniers représentent une concurrence déloyale directe pour les commerçants ». Pour Raj Appadu, XLD « est le seul à pouvoir débloquer la situation ». Les commerçants lancent un ultimatum au GM pour l’annulation de cette hausse. Ils ajoutent que le GM devrait préciser sa position aujourd’hui, au cas contraire, ils prévoient d’autres mouvements de contestation. « Nous espérons que les autorités compétentes nous appellerons afin que nous discutions de cette situation autour d’une table. Il s’agit de la survie de nos commerces, de nos familles. Il est nécessaire qu’il y ait une étude approfondie à ce sujet. Ce sont des décisions qui ne peuvent être prises au pied levé », disent les commerçants. Très remontés, certains commerçants n’ont pas hésité à évoquer l’enjeu politique de cette affaire. « Na pa vinn fer pikpoket ek nou. Nou na pa pou ezite pou donn mot dord pou eleksion », soutient le président du FCCIM. Les commerçants comptent utiliser la justice afin de faire pencher la balance. La Mauritius Shop Owners Association compte jurer un affidavit demain après-midi réclamant une Judicial Review de la décision.