Maurice a été encouragée à poursuivre sur la voie de la réforme et de la diversification économiques lors du 4th WTO Trade Policy Review of Mauritius qui s’est tenue à Genève du 22 au 24 octobre dernier. Ainsi, la présidente de l’instance responsable de la révision de la politique commerciale, l’ambassadeur Mariam Salleh, représentante de la Malaisie auprès de l’OMC, a souligné que la politique de réforme engagée par Maurice depuis 2006 a permis de mitiger considérablement les effets de la crise financière et le ralentissement économique global sur l’économie du pays. Elle a félicité Maurice pour avoir introduit une série de législations depuis la dernière révision effectuée en 2008 touchant notamment la compétition, les appels d’offres, le copyright et le dumping.
À l’intention de cet exercice de révision, deux documents ont été préparés, le premier par Maurice et le second par le secrétariat de l’OMC. De plus, les autorités mauriciennes ont été appelées à répondre au préalable à 67 questions posées par des pays membres de l’OMC. « Ces documents ont été très appréciés par les pays membres de l’OMC », a affirmé Sunil Boodhoo, du service du commerce extérieur du ministère des Affaires étrangères.
L’exercice a été marqué par une longue présentation du chef de la délégation mauricienne, l’ambassadeur Usha Dwarka-Canabady, qui représentait le ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, Arvin Boolell. Faisant le bilan du programme de réforme économique depuis 2006, l’ambassadeur a expliqué que la mise en oeuvre des réformes commerciales s’est poursuivie à travers la libéralisation des tarifs, la promotion des investissements et l’ouverture de Maurice aux talents et à l’expertise étrangers. « Le taux moyen des tarifs a chuté de 6,6 % en 2000 à 2,3 % en 2014 alors que 88,87 % des lignes tarifaires sont « zero rated ». En plus de cela l’environnement des affaires a été amélioré par le biais de la Business Facilitation Act de 2006 et de la Competition Act. De plus, le projet Maurice île durable a été lancé en 2008 et un plan d’action offre un encadrement pour la croissance verte ». Au chapitre de la propriété intellectuelle, Usha Dwarka-Canabady a annoncé l’introduction prochaine d’un Intellectual Property Office et d’un Intellectual Property Council.
Le chef de la délégation mauricienne a évoqué les mesures prises afin de surmonter la crise financière internationale dont l’introduction des Fiscal stimulus packages en 2008 et 2009 pour accélérer les investissements privés, soutenir les PME et former les ressources humaines. De plus de nouveaux piliers économiques ont vu le jour aux côtés des secteurs traditionnels comme le sucre, le textile et le tourisme. Elle a cité, entre autres, le knowledge hub, l’économie océanique, l’aviation hub et le petroleum hub. Elle a aussi fait mention du développement d’une stratégie africaine pour encourager les Mauriciens à investir sur le continent africain et dans la région. Les infrastructures ont été développées et des mesures ont été introduites pour la facilitation des affaires. En matière d’infrastructure, Mme Dwarka-Canabady a cité entre autres la construction de la nouvelle aérogare. Elle aussi élaboré sur les efforts pour diversifier les marchés pour les exportations mauriciennes qui sont dépendantes à 80 % du marché européen. Des accords de libre-échange ont été conclus avec la Turquie et le Pakistan. Par ailleurs, Maurice a conclu un accord de partenariat économique intérimaire avec l’Union européenne et attend avec impatience le renouvellement de l’AGOA par les autorités américaines. Usha Dwarka-Canabady a finalement souligné la foi de l’île Maurice dans le système multilatéral.
En réponse à une série de questions, le chef de la délégation mauricienne a insisté sur la volonté de Maurice de mettre en oeuvre un programme de réforme économique inclusive et de prendre des mesures pour réduire le déficit budgétaire à travers une série de mesures commerciales. Elle a observé que les compagnies privées du gouvernement ne sont pas protégées contre la compétition. Toutefois, dit-elle, Maurice étant une petite économie, l’intervention gouvernementale est quelquefois nécessaire afin d’injecter une dose de compétition. Elle a cité le secteur bancaire, celui des assurances et des télécommunications. Elle s’est finalement appesantie sur la politique de diversification économique et le développement de nouveaux secteurs manufacturiers.
Dans ses remarques finales, Mariam Salleh a reconnu les défis auxquels Maurice est confrontée en tant que petit pays insulaire en développement et note que la politique de réforme pour faciliter le commerce et améliorer l’environnement des affaires dont les infrastructures se poursuit.