Dragons et lions seront de retour dans le paysage mauricien dans quelques semaines. Issues de la mythologie chinoise les grosses bêtes multicolores danseront pour apporter chance, bonheur, prospérité, abondance et pour chasser les esprits maléfiques. C’est ce qu’expliquent des danseurs du Wuji Cultural Group.

Dans la Chine antique des esprits maléfiques et des monstres venaient déranger les habitants chaque jour. N’en pouvant plus de cette situation ces derniers se réunirent pour mettre en place une stratégie. Ils décidèrent d’utiliser des ustensiles de cuisine pour faire du bruit et se déguisèrent avec des draps pour effrayer les esprits. “Comme cette méthode fonctionnait, ils ont continué avec les costume, les cymbales, les gongs et les tambours. C’est devenu une tradition”, explique Ah-Piang membre du Wuji Cultural Group.

Dragon vs Lion.

A Maurice plusieurs groupes pratiquent la danse du dragon et la danse du lion. Parmi le Wuji Cultural Group dont nous rencontrons les membres à Roche Bois. Revêtus de costumes colorés inspirés des lions ou de dragons les danseurs imitent les mouvements de ces bêtes au rythme des instruments traditionnels.

La danse du lion est souvent confondue avec la danse du dragon. Elles se ressemblent, mais ont quelques différences. La danse du lion ne nécessite que deux danseurs alors que la danse du dragon en demande dix. Pour la danse du lion, les danseurs sont cachés à l’intérieur du costume. Alors que pour le dragon est porté sur des bâtons. Ah-Piang précise : “Nous pratiquons davantage la danse du lion. Le dragon est trop long et ne peut être déployé partout. Nous avons adapté les costumes et  légèrement changé la tradition.”

Croyances.

Selon les croyances, le dragon est un animal sacré doté de pouvoirs extraordinaires. Il est aussi annonciateur de bonnes nouvelles. Le dragon avec sa tête agressive et féroce représente la sagesse, le bonheur et le pouvoir. Il existe deux différentes danses du lion. Celle du nord et celle du sud. L’une est plus agressive par l’expression  et le costume. A Maurice c’est la danse du sud qui est pratiquée. Le lion a des traits plus délicats contrairement à celui du nord.

La tradition pour les Mauriciens d’origine chinoise veut que chacun aille à la pagode une semaine avant le nouvel an pour obtenir l’heure à laquelle la danse devra être exécutée chez eux ou devant leurs commerces. Un calcul assez particulier est fait par les prêtres. “Les pétards et la danse interviennent à des heures différentes chez chacun. Cela doit impérativement être respecté. Sinon la chance ne sera pas au rendez-vous”, souligne Bryan. Le groupe se rend dans les commerces, restaurants, boutiques et chez les particuliers pour exécuter une chorégraphie qui change chaque année. “Nous avons vu des gens réussir après quelques jours seulement grâce à la danse du lion”, raconte Julien.

La maîtrise de la danse du lion nécessite quelque trois mois d’apprentissage. La technique est un mélange d’arts martiaux et de d’acrobaties.