« Le cover-up, c’est ici ! « , allègue Paul Bérenger dans ce qu’il est convenu, maintenant, d’appeler l’affaire bois de rose. Il trouve que, comme cela a été le cas pour MedPoint, cette nouvelle affaire de trafic d’essence rare malgache se retourne contre le gouvernement.
Paul Bérenger trouve que depuis « des mois », l’on aurait distillé des « insinuations » laissant entendre que ce serait le député du MSM, Nando Bodha, qui serait le politicien mauricien impliqué dans cette affaire de contrebande d’essence rare entre Madagascar et la Chine, via Maurice. « Insinuations » qui, dit-il, devait aboutir à l’interpellation parlementaire récente de la députée travailliste Stéphanie Anquetil sur la question.
Or, explique le leader de l’opposition, dans sa réponse à sa PNQ, mardi dernier, le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, a dû « admettre » qu’après un an d’enquête, aucun député n’a été interrogé « ni par la police, ni par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) ». « Navin Ramgoolam a été contraint de dire que l’enquête se poursuit et qu’elle ne progresse pas », a-t-il dit. Paul Bérenger soutient qu’une lecture attentive du verbatim des travaux de l’Assemblée nationale laisse entrevoir les noms des sociétés et personnes citées par le Premier ministre dans ce trafic.
Le leader de l’opposition explique que l’une des personnes citées par le chef du gouvernement est la très importante personnalité du monde des affaire interdite de quitter le territoire malgache mais qui, quand même, s’est retrouvée à Maurice le 13 juillet 2011 et à laquelle il faisait allusion dans sa PNQ. « J’avais demandé qui sont les personnes qu’il avait rencontrées ; si la police a enquêté. Selon mes informations, tel n’a pas été le cas », a-t-il confirmé. M. Bérenger explique, en revanche, que la presse malgache fait allusion à une personnalité du gouvernement.
Dans toute cette affaire de contrebande de bois de rose malgache, le leader de l’opposition dit vouloir comprendre pourquoi le Premier ministre malgache d’alors, M. Camille Vital, a pris contact avec M. Xavier Duval qui était, à l’époque, ministre de l’Intégration sociale, « un ministre qui n’avait, donc, rien à faire avec les douanes et la Mauritius Revenue Authority (MRA) ». Il se réfère au leader du MSM, M. Pravind Jugnauth, ministre des Finances à la même époque, qui a déclaré qu’alors que Xavier Duval le contactait toujours pour les questions relevant du ministère des Finances — que Pravind Jugnauth dirigeait —, dans le cas de cette affaire bois de rose, le ministre de l’Intégration sociale de l’époque aurait traité directement avec le service des douanes de la MRA.
Le leader du MMM critique aussi vivement la démarche qu’il qualifie de « grotesque » de la MBC/tv d’aller interviewer sur place l’ancien Premier ministre malgache et de diffuser cette interview en une de son journal télévisé de mercredi dernier. « Qui veut-on dédouaner à la MBC ? », se demande-t-il, à cet effet. Paul Bérenger fait aussi allusion à la première déclaration de Navin Ramgoolam à l’Assemblée nationale le 15 mai dernier à l’effet que le Bureau Indépendant Anti-Corruption (BIANCO) de Madagascar était en possession d’un enregistrement téléphonique impliquant un politicien mauricien dans le trafic.
Il souligne le fait qu’après le démenti du directeur-général de BIANCO à cet effet, le Premier ministre ne s’est pas excusé. 
Le leader de l’opposition trouve tout aussi « éloquent » qu’après l’interview de M. Vital par la MBC, le Conseil des ministres a approuvé, vendredi, la décision du ministre des Finances d’avoir recours à l’assistance de la Banque Mondiale (BM) pour un audit des bénéficiaires de ce trafic de bois de rose. Il juge « insultant » que Navin Ramgoolam a, à sa réponse à sa PNQ, parlé de possibilités de « cover-up » du côté de Madagascar alors que, selon lui, « le cover-up, c’est ici ! « .
Paul Bérenger conclut sur ce sujet en laissant entendre que, comme ce fut le cas pour l’affaire MedPoint, le MMM n’entend pas lâcher prise « cette affaire bois de rose ». « MBC ou pas, Banque Mondiale (BM) ou pas, les coupables devront payer ! », lance-t-il. Il annonce aussi qu’il reviendra à la charge avec une nouvelle affaire qu’il qualifie de Betamax II et qui concerne le projet de stockage de gaz dans la zone portuaire. Il demande, à ce propos, au Dr Ramgoolam « d’ouvrir l’oeil » car, selon lui, des « magouilles » et des « pressions » seraient actuellement exercées en vue de faire partir le directeur général de la State Trading Corporation (STC), M. Megh Pillay.