« Le gouvernement doit révoquer les personnes impliquées dans de telles activités profanatrices », s’est indigné le pundit Oumasunkur Choonucksing, président de la Sanatan Holistic Vidhya Academy, association regroupant des pundits et punditas de diverses dénominations hindoues de l’île. C’était ce matin lors d’une rencontre avec la presse à Port-Louis. Les membres de ce regroupement religieux se disent « choqués et indignés » à la suite du trafic allégué de cadavres acheminés à la SSR Medical School à des fins d’expérimentations pour les étudiants en médecine. L’acte est d’autant plus « grave et ironique », jugent-ils, qu’ils viennent d’un ashram, dit “seva”, signifiant « meilleur traitement ». Ces religieux font, d’autre part, ressortir l’importance des funérailles, qui « font partie des 16 sacrements de l’hindouisme », ajoutant que « les rites et rituels sont importants pour la libération de l’âme du défunt ».
« On ne peut détruire le corps d’une personne et ensuite procéder à sa crémation », devait indiquer le pundit Choonucksing en réponse à une question de la presse lui faisant voir que, selon certaines déclarations, les rites et rituels s’opéraient après que les dépouilles aient été utilisées. « C’est le dernier trajet du mort. Il faut l’habiller convenablement, mieux encore que lorsqu’il était en vie. Quelle garantie a-t-on que la crémation se fait ? Le corps humain n’est pas un objet. C’est un temple », devait-il ajouter.
Les membres ont dit prendre la parole en tant que pundits, croyants mais aussi en tant qu’êtres humains à qui, uniformément, « on doit pleine dignité ». Le traitement infligé à ces défunts, dont les cadavres ont été transférés à l’hôpital SSR, est des plus « indignes » selon eux. « Ils se sont retrouvés dans un ashram par le sort du destin, et ce couvent aurait dû leur assurer un meilleur traitement. Quelle confiance d’autres feront-ils à ce type d’ashrams ? Et, surtout, à ce type de dirigeants, qui n’ont aucun respect pour les défunts. N’importe qui, de n’importe quelle croyance, mérite ce sacrement. Je suis certain que le swami Krishnanand, fondateur de l’ashram en 1983, doit être en train de verser des larmes sur ces morts. » Il s’est demandé si les internes de ce couvent bénéficient vraiment d’un meilleur traitement, ainsi que le suggère son nom.
Ils se sont montrés tout aussi indigné concernant les actes de profanation du cimetière de Bois-Marchand. « Les gens profanent sans scrupule les tombes. Même après la mort, les défunts n’ont pas de repos, alors qu’on dit : “ici repose x, y”. Les valeurs sont en déclin », constatent les membres de la Sanatan Holistic Vidya Academy. Et de souhaiter « que les autorités n’aient pas de pitié pour les coupables ».