Le juge Benjamin Marie Joseph, siégeant en Cour suprême, a réservé son jugement dans l’affaire Sivathree. Ce dernier avait écopé d’une peine d’emprisonnement de 10 et 20 ans respectivement en 2008 pour possession et trafic de cannabis. La cour d’appel avait ordonné un nouveau procès, estimant que  l’homme de loi n’avait pas assez de temps pour préparer sa défense.
Ganganah Sivathree est représenté par Mes Ravi Rutnah et Kevisha Goodur, et la poursuite par Mes Madeven Armoogum et Bangaroo. Lors de la séance d’hier, le PS Lowtun a présenté en Cour une déposition de l’accusé enregistrée en 2007. Ganganah Sivathree travaillait comme gardien du bassin Camaron à la propriété de Riche-en-Eau. Cet homme de 56 ans, marié et père de trois enfants a une maison sur la propriété de Riche-en-Eau où il élève sa plus jeune fille. Il avait déclaré que le 4 septembre 2007, des officiers de l’ADSU  l’ont appréhendé pour faire une fouille chez lui.
Lors de la fouille, aucune drogue n’a été trouvée, uniquement une somme de Rs 22 000. Questionné sur celle-ci, il avait alors répondu qu’il économisait pour sa fille et pour payer ses dettes. Cependant, lors d’une fouille dans le store du prévenu, la police a trouvé des feuilles de cannabis dans une boîte de cigarettes et de la graine de gandia. Ganganah Sivathree a répondu aux officiers qu’il allait fumé les feuilles de gandia mais qu’il n’allait pas utiliser les graines. Questionné sur la provenance des feuilles, l’accusé a déclaré qu’il en avait arraché dans un sentier près de chez lui.
La défense a ensuite demandé au PS Lowtun si l’accusé avait montré de la résistance lors de la fouille. L’officier a répondu que  Ganganah Sivathree n’avait montré aucune résistance lors de la fouille de sa maison mais avait refusé d’ouvrir la porte du store en premier lieu, déclarant qu’il n’avait pas les clés. La défense a ensuite contesté la façon dont les officiers ont estimé la valeur de la drogue saisie. Me Ravi Rutnah à déclaré à la cour qu’il est inacceptable que des officiers estiment la valeur de la drogue saisie en se renseignant auprès des dealers, se faisant passer pour des acheteurs potentiels. L’homme de loi a déclaré que la source des officiers n’est pas fiable, ce qui fausse l’estimation de la valeur de la drogue.
Le prévenu, appelé dans le box des accusés, a déclaré qu’il n’avait jamais eu de démêlés avec la police et a fait ses excuses à la cour. Ganganah Sivathree a indiqué qu’il avait demandé à faire appel vu que son avocat à l’époque n’avait pas vu toutes les preuves qu’il y avait dans cette affaire.  Lors du réquisitoire de la poursuite, Me Madeven Armoogum a affirmé que les officiers de l’ADSU avaient démontré que les graines de cannabis ne pouvaient être utilisés que pour la culture. Il a indiqué que la loi en relation au trafic de drogue a été amendée et que la peine maximale à présent est de soixante ans d’emprisonnement.
Me Rutnah, lors de son réquisitoire, a déclaré que son client a plaidé coupable à toutes les charges retenues contre lui. L’homme de loi a insisté qu’il est impératif que du temps soit donné pour préparer une affaire pour la bonne tenue du procès. L’homme de loi a demandé la clémence de la cour vu que son client mène une vie modeste et a un casier judiciaire vierge. Ganganah Sivathree a déjà passé six ans et demi en prison. Le juge Benjamin Marie Joseph a demandé à réviser son jugement dans cette affaire. Le prévenu a été ramené en prison en attendant d’être fixé sur son sort.