• Le procès contre l’Américaine Kathi Lynn Austin entendu « as an undefended case » en l’absence de cette dernière en cour
  • Me Yousouf Mohamed, SC : « Justice has to be done when i am still alive. It was an unwarranted attack on my whole family »

Kathi Lynn Austin, directrice de Conflict Awareness Project, à qui Me Yousuf Mohamed et son fils, l’avocat Zakir Mohamed, et Shakeel Mohamed réclament conjointement Rs 150 M pour diffamation, était attendue en cour hier pour son procès. Devant son absence injustifiée, la cour a accédé à la motion des hommes de loi des Mohamed pour que l’affaire soit entendue comme “undefended case” en raison des années écoulées depuis le début de cette affaire. Mes Vikash Teeluckdharry et Jaykar Gujadhur, SA, en l’absence de communication de leur cliente, Kathi Lynn Austin, depuis plus d’un an, se sont retirés du procès. Les Mohamed, père et fils, sont revenus sur toute cette affaire qui, disent-ils, a porté préjudice à leur réputation ainsi qu’à leur vie professionnelle et familiale. Le juge David Chan Kan Cheong a réservé son jugement.

Lors de la dernière audience, en septembre 2017, Me Teeluckdharry avait informé la cour que sa cliente avait fait parvenir une lettre à l’avoué en date du 8 septembre 2017, l’informant qu’elle était gravement malade et venait de commencer un nouveau traitement. L’affaire avait alors été fixée à une autre date. Hier, Kathi Lynn Austin a une fois de plus brillé par son absence, et cette fois sans aucune justification. Ses hommes de loi affirment n’avoir eu aucune communication d’elle depuis un an. En l’absence d’instructions de sa part, ils se sont donc retirés du procès. Compte tenu des nombreuses absences et renvois, Mes Désiré Basset et Antoine Domingue, SC ont demandé que le procès soit entendu comme “undefended case”. Si plus d’une dizaine de témoins avaient fait le déplacement, seuls trois ont été entendus.

L’assistant Clerk de l’Assemblée nationale a produit les “sittings” dans lesquels cette affaire avait été mentionnée. Il y a eu six interventions au total sur le rapport Austin. Par ailleurs, deux officiers du CCID ont produit des dépositions.

Shakeel Mohamed a été le premier à témoigner. Répondant aux questions de son homme de loi, Me Désiré Basset, SC, Shakeel Mohamed a soutenu que tout ce qui avait été dit dans le rapport n’était que « pur mensonge » car il était ministre à cette époque et ne pratiquait pas en tant qu’avocat. « Je n’aurai pas pu représenter les personnes citées dans ce rapport car à cette époque, j’étais ministre. J’étais même pas au courant des affaires de l’étude des Mohamed. » Shakeel Mohamed est revenu sur toute cette affaire qui, dit-il, a nui à sa carrière politique et professionnelle. « It has damaged my reputation. My political opponents use this to gain political mileage over me. As a professional, i have lost many clients as most of my clients are not from Mauritius », dit-il.

Le député rouge a soutenu qu’un simple “World-Check” sur l’internet et toute cette affaire était affichée et son nom associé au trafic d’armes. « Si je postule pour un emploi aux Nations unies, je serai disqualifié en raison de cette affaire », dit-il.

Me Yousuf Mohamed, SC, a abondé dans le même sens pour expliquer comment toute cette affaire a nui à sa famille. « Je suis un avocat qui pratique depuis 57 ans. J’ai servi ce pays comme ambassadeur et j’ai pris part à des conférences internationales. It was an unwarranted attack on my whole family », dit-il. Me Yousuf Mohamed a expliqué qu’il était l’avocat de Gibson and Hill mais qu’à aucun moment sa famille et lui n’ont été impliqués dans le trafic d’armes. « I don’t even have a licence for a gun », dit-il.

Le Senior Counsel a demandé à la cour de rendre justice dans cette affaire car, dit-il, nous subissons encore les préjudices. « Justice has to be done when i am still alive. We are waiting for justice to be done ever since we lodge our claims. The defendant never came to enlighten the court on the report and has always been evading », a fait ressortir Me Mohamed. Le jugement a été mis en délibéré.

Rappelons que dans un rapport publié en 2012, le CAP avait fait état de l’existence d’un présumé réseau de trafic d’armes par des Russes, dont des partenaires d’affaires de Me Zakir Mohamed, qui est le Chief Executive Officer (CEO) d’Island Air System Ltd, une nouvelle compagnie qui a pour conseiller juridique Me Yousuf Mohamed, SC.

Cette société avait été incorporée le 13 avril 2011. Dans son dossier, le CAP avait évoqué l’éventualité que Maurice serve de tremplin pour la vente illégale d’armes dans certains pays d’Afrique et ailleurs.