Après des échanges tumultueux en marge du conseil des ministres de vendredi dernier au sujet du dossier de trafic d’armes allégué impliquant des ressortissants russes, le rapport du Conflict Awareness Project (CAP) dévoilant les véritables intentions des promoteurs a été soumis à l’Independent Commission Against Corruption à des fins d’enquêtes sous la Prevention of Corruption Act et autres lois luttant contre le terrorisme. C’est ce qu’a appris Le Mauricien de sources autorisées en ce début de semaine. Pour sa part, la mission diplomatique mauricienne auprès des Nations unies à New York devra faire parvenir à l’hôtel du gouvernement dans les prochains jours une analyse complète du rapport du CAP sur le cas de Maurice de même qu’une évaluation des retombées politiques et diplomatiques pour le pays.
À Maurice, la famille Mohamed, dont des membres sont cités dans le document rendu public à New York, contribue à clamer son innocence dans les agissements de ce réseau de trafiquants d’armes et distribue des réclamations à tous ceux qui font état publiquement de la teneur de ce rapport.
Selon des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien des milieux concordants, l’ICAC a déjà établi contact avec l’Executive Director de l’organisation non-gouvernementale (ONG) Conflict Awareness Project (CAP), Kathi Lynn Austin. Sur la base de ces premiers échanges, il n’est pas à écarter que la principale concernée fasse un nouveau déplacement à Maurice à brève échéance en vue d’« apporter son entière collaboration » aux autorités dans cette nouvelle étape de l’affaire de trafic d’armes.
Les milieux concernés se gardent de révéler le calendrier de ce déplacement devant être mis au point actuellement. Par ailleurs, après l’étape consacrée à l’« information and intelligence gathering », dont les contacts officiels avec les responsables du CAP aux États-Unis, l’ICAC a déjà arrêté les dispositions nécessaires pour enclencher une « preliminary enquiry » aux termes de la Prevention of Corruption Act sur le réseau de trafiquants d’armes pour des délits sous la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act.
Dans une de ses déclarations de presse après la publication, mardi dernier, des détails des opérations du réseau russe animé par Andrey Kolopasov, détenteur de permis émis par le Board of Investment et Serguey Denisenko, Kathi Lynn Austin avait soutenu que « the brother of one of the ministers of the government was the CEO (Chief Executive Officer) of this particular company that was looking for this air operations certificate. They were very concerned that this whole issue would implode on the honeymoon island of Mauritius. But none at last, the Mauritius government did the right thing. The Mauritius government said, “Look, we do not want these traffickers on our island. We are going to deny them this air operations certificate and we are going to launch an investigation into the criminal activities. And we are going to cooperate with other countries of the world to uphold our international obligations and try to prevent these kinds of gun runners from taking advantage of our kinds of nations for weapons into other countries, other conflict zones like Somalia, democratic republic of Congo and Syria”. »