Raymonde Augustine Heriarisoa, une ressortissante malgache, avait été arrêtée le 3 décembre 2013 avec 364,1 g d’héroïne dissimulée dans des paires de chaussures. Cette semaine, dans le procès qui lui est intenté aux Assises, de même qu’à trois de ses complices, le juge Benjamin Marie-Joseph lui a infligé une peine de 18 ans de prison pour importation de drogue avec élément de trafic.

Les trois autres accusés – à savoir Thierry Saint-Flour, Jean Alexandre Jordan Grégoire et Westley Donovan Nelson – ont écopé de 15 ans de prison chacun. Raymonde Augustine Heriarisoa, une femme au foyer habitant Antananarivo, à Madagascar, avait été interceptée lorsqu’elle a foulé le sol du pays, le 3 décembre 2013. Elle avait dans ses valises trois paires de chaussures pour femmes, dans lesquelles étaient dissimulés 364,1 g d’héroïne. Elle avait été autorisée à quitter la douane dans un premier temps mais restait sous surveillance policière.

C’est lors d’une descente de l’ADSU dans un pensionnat à Beau-Vallon que les enquêteurs ont trouvé la drogue, après avoir examiné minutieusement les paires de chaussures. La valeur marchande de la drogue était estimée à Rs 5 431 000. Ainsi, le Directeur des poursuites publiques a, le 31 mars 2017, décidé d’intenter des poursuites contre elle pour trafic de drogue. Les trois autres accusés – à savoir Thierry Saint-Flour, Jean Alexandre Jordan Grégoire et Westley Donovan Nelson – étaient, eux, poursuivis pour entente délictueuse. Il leur était reproché d’avoir agi de concert pour permettre à un certain Yannick Eole de prendre réception de la drogue en faisant le guet. C’est le constable Wade, faisant partie de l’équipe qui menait l’exercice de livraison surveillée, qui avait remarqué la démarche suspecte des trois accusés, qui observait la Malgache afin de s’assurer qu’elle n’était pas accompagnée. La Malgache avait alors pris place dans la voiture d’un des accusés pour se rendre au Plaza, à Rose-Hill, alors que la police les prenait en filature.

C’est à Rose-Hill que la police les a pris la main dans le sac, lorsque le dénommé Bryan Eole a tenté de prendre réception du colis. Ce dernier, qui était également poursuivi pour avoir tenté de prendre réception d’un colis contenant de la drogue, avait fait faux bond à la police pendant son procès en Cour suprême et, depuis, la police n’a pas été en mesure de le retracer. Les quatre accusés avaient quant à eux tous plaidé coupable des faits lors de leur procès.

Dans son arrêt, le juge a pris en compte les conditions de la Malgache, qui avait indiqué qu’elle était pauvre et qu’elle s’était laissée attirer par les sommes attrayantes qu’on lui a promises pour transporter de la drogue. Le juge a toutefois statué que cette raison ne minimisait pas son acte répréhensible. Quant aux trois accusés, le juge a pris note de leur jeune âge mais est d’avis qu’ils étaient assez conscients des dangers du trafic de drogue et qu’il ne peut être dit que « Yannick Eole a abusé de leur naïveté ». En sus de leur peine d’emprisonnement, les accusés devront s’acquitte