Peroumal Veeren, qui purge une longue peine d’emprisonnement pour trafic de drogue, sera interrogé “under warning” par les enquêteurs de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU), dans le sillage de la saisie des 157 kg d’héroïne dans le port, en mars 2017. Son nom a été balancé par Navind Kistnah, directeur de KUN Management International Ltd, comme étant un des commanditaires de cette cargaison de drogue.
Une source aux Casernes centrales a confirmé que l’interrogatoire du caïd Peroumal Veeren est « in the pipeline ». L’exercice n’est toutefois pas prévu dans l’immédiat étant donné que Navind Kistnah est toujours questionné sur le volet international de l’enquête sur l’importation de 157 kg d’héroïne en mars 2017. Les hommes du DCP Choolun Bhojoo et du surintendant Sharir Azima ne veulent aucunement bousculer leur calendrier de travail. Une bonne partie de son interrogatoire est consacrée aux contacts de Peroumal Veeren sur le continent noir et les instructions qu’il a données depuis la prison. « Pa pou kapav interoz Veeren asterla, akoz ena ankor linformasion ki pe balanse lor so rezo dan sa saisi 157 kg leroinn-la », a fait comprendre au Mauricien une source des Casernes centrales. Au quartier général de l’ADSU, on évoque l’interrogatoire du caïd pour janvier 2018 au plus tôt.
Navind Kistnah a balancé le nom de Peroumal Veeren “under camera” au cours de ses multiples séances d’interrogatoire au quartier général de l’ADSU. Après la découverte des sablonneuses bourrées d’héroïne dans le port, en mars dernier, le directeur de KUN Management International Ltd a déclaré que le caïd lui avait ordonné de quitter le pays au plus vite pour ne pas se faire prendre. Peroumal Veeren avait, d’ailleurs, déjà réservé son billet d’avion et son hébergement à l’extérieur, selon Navind Kistnah. Une condition lui avait cependant été imposée : il ne devait rien dire à ses proches sur le but de son voyage à Johannesburg.
Navind Kistnah a balancé les noms de quatre individus qui opéreraient pour le compte de Peroumal Veeren et qui l’auraient aidé dans sa fuite. L’un d’eux était dans le collimateur de la police depuis longtemps. Ces individus agissaient comme porte-parole du trafiquant et transmettaient ses messages au courtier marin.
Une fois à Durban, Navind Kistnah a relaté aux enquêteurs qu’il n’était pas libre de ses mouvements. Son passeport avait été saisi par un dénommé Saïd, qui restait en contact avec quelqu’un à Maurice et qui l’informait de tous ses faits et gestes. Selon Navind Kistnah, les quatre personnes relayaient ces informations à Peroumal Veeren à la prison.
Après la deuxième saisie de drogue, Navind Kistnah avait reçu des ordres de Maurice de quitter l’Afrique du Sud pour le Mozambique, d’autant plus qu’Interpol était sur ses traces. Mais il a été rattrapé par la police à Maputo pour séjour illégal.
Navind Kistnah a remis aux limiers une série de communications qu’il a eues avec Maurice à travers des réseaux sociaux. Une des personnes qui est restée en contact permanent avec lui est une femme. La police soupçonne qu’il s’agit de Christelle Bibi, ancienne compagne de Peroumal Veeren. Celle-ci l’a toujours nié. Navind Kistnah a également précisé qu’il n’a jamais rencontré Peroumal Veeren, soutenant que c’est son associé, Homunchal Ramdin, qui s’occupait des transactions avec le caïd.