Poursuivi aux Assises pour possession et trafic de drogue, Brijmohun Boholah a été condamné ce matin par le juge Benjamin Marie-Joseph à 18 ans de prison. Ce pêcheur de 43 ans, habitant Poste-de-Flacq, avait été arrêté le 10 octobre 2013 en possession de 6 146,2 g de cannabis, laquelle drogue était dissimulée dans une toile. Compte tenu de la valeur de la drogue saisie, qui dépasse Rs 1 M, le DPP avait également logé la charge de trafic contre l’accusé. Ce dernier a plaidé coupable, indiquant à la police qu’il s’était lancé dans la culture de gandia en raison de sa situation financière précaire.
Le juge est revenu ce matin sur la façon dont Brijmohun Boholah avait dissimulé les plants de cannabis, soulignant que si la police ne l’avait pas arrêté, il aurait distribué une grande quantité de drogue. Il s’est attardé sur l’importance de donner un signal fort pour contribuer à atténuer la prolifération de la drogue dans le pays. Le pêcheur répondait aussi d’une charge de trafiquant. Le parquet était représenté par Me Asha Egan-Ramano.
Il ressort des dépositions de l’accusé que cet habitant de Poste-de Flacq n’a étudié que jusqu’à seconde. Il est marié et lors de son arrestation, son épouse attendait un troisième enfant. Ce dernier est aujourd’hui âgé de huit mois. Brijmohun Boholah a parlé de sa situation financière, soutenant que le métier de pêcheur était difficile car il dépend énormément des conditions climatiques. Ses revenus tournaient autour de Rs 2 400 par temps clément. Il avait reconnu avoir touché une allocation de pêcheur de Rs 400 à Rs 3 200. Il élevait aussi des cabris qui lui rapportaient Rs 3 000 chaque année. En octobre 2013, des officiers de l’ADSU devaient perquisitionner sa maison. Brijmohun Boholah les laisse faire mais cette fouille dans sa maison et sa cour ne donne rien. C’est alors que l’un des policiers remarque une échelle en bois qui mène sur le toit de sa maisonnette non achevée. C’est là qu’il avait soigneusement dissimulé le gandia. Il avait soutenu à la police lors de son arrestation que « mo aksepte sa gandia la pou mwa me mo pa ene trafikan ». Il avait raconté avoir trouvé des plantes dans un bois et avoir coupé les branches pour en ramener chez lui, ajoutant qu’il allait s’en débarrasser après.