L’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) et l’Independent Commission against Corruption (ICAC) courent derrière le même livre dans les enquêtes de drogue, impliquant le parrain des parrains, Peroumal Veeren. Tony Riacca, accompagné de son homme de loi, Me Jean-Claude Bibi, et qui s’est constitué prisonnier à l’ADSU en fin de semaine, pourrait se révéler être une pièce importante du puzzle de ce réseau qui domine le marché de la drogue de la prison. En effet, ce revendeur de voitures pour le compte de la compagnie Sunshine Autos, à Quatre-Bornes, ne serait autre que le bras financier de Peroumal Veeren. Selon les indications, ce suspect ne serait autre que le courrier financier de Peroumal Veeren, exécutant avec fidélité les missions de remises de fonds à des destinataires identifiés, notamment Christelle Bibi, dont des selfies en posture osée ont été retrouvées dans la cellule de Peroumal Veeren. Toutefois, en fin de journée, à la conclusion de trois perquisitions opérées à Phoenix et à Quatre-Bornes, l’ICAC soupçonne ce même Tony Riacca d’être un élément de première importance dans le plan de blanchiment de fonds pour le compte de ce trafiquant de drogue.
Lors de descentes des lieux d’hier, l’ICAC a procédé à la saisie de document s’apparentant à des actes de vente de voitures, soit 17 véhicules “reconditioned”, pour ne pas éveiller des soupçons. Dans tous ces cas de vente, les nouveaux propriétaires ne sont autres que des proches faisant partie du clan de Peroumal Veeren. Également dans tous ces cas, le dénominateur commun de ces transactions n’est nul autre que le dénommé Tony Riacca. Entre-temps, le gérant de Sunshine Autos Ltd, le revendeur de ces voitures, a été convoqué au QG de l’ICAC dans les prochains jours pour fournir des explications formelles sur ces transactions aux allures douteuses.
De son côté, Tony Riacca devra être interrogé ultérieurement sur son rôle dans les opérations de blanchiment de fonds en provenance de la drogue avec l’acquisition de ces voitures. Pour l’instant, il est actuellement sous le contrôle de l’ADSU après son inculpation provisoire devant le tribunal de Port-Louis hier. Son interrogatoire aux Casernes centrales ne devrait commencer qu’en début de semaine prochaine.
Des recoupements d’informations effectués auprès de sources concordantes indiquent que le dénommé Tony Riacca dispose du profil parfait des recrues au-dessus de tout soupçon de Peroumal Veeren. Il n’a en effet aucun casier judiciaire et n’a jamais été fiché par l’ADSU pour des délits de drogue. En outre, professionnellement, il est employé dans un créneau, la vente de voitures, où l’on brasse d’importantes sommes d’argent à la conclusion de chaque deal.
Sentant probablement l’étau se resserrer sur lui, les différentes enquêtes initiées progressant, ce nouveau suspect est venu s’ajouter à la liste des individus opérant pour le compte du trafiquant Peroumal Veeren. Ce néophyte, inconnu des services de la police, est considéré par les Casernes centrales comme étant un maillon fort du réseau ayant pour tâche de collecter et de gérer l’argent sale de Peroumal Veeren.
Selon nos indications, la spécialité de Tony Riacca est d’être toujours prêt pour assurer le courrier d’importants fonds sur ordre du caïd. Le schéma défini est qu’il opère à partir d’instructions données par téléphone pour prendre des fonds avec une partie concernée et les remettre à une autre. L’une de ses tâches régulières était de remettre de l’argent à Christelle Bibi, qui opère un magasin une fois la semaine à Curepipe. C’est la version des faits que compte vendre ce suspect à l’ADSU lors de son interrogatoire.
Mais les hommes du Deputy Commisioner of Police Choolun Bhojoo et du surintendant Sharir Azima sont confiants d’obtenir des Prima Facie Evidences que le dénommé Riacca possède un carnet d’adresses des trafiquants, qu’ils soient des grossistes ou de petits reverneurs, ou encore prouvant le lien avec les commanditaires de drogue. Tous les fonds, constitués de recettes du trafic de drogue ou encore nécessaires pour le financement des importations, transiteraient par lui.
Son interrogatoire a le potentiel de démanteler un autre pan du réseau de drogue, et ce surtout avec les documents en possession de l’ICAC, que ce soit pour la vente des voitures ou les transactions financières impliquant Christelle Bibi. L’un des points forts demeure l’appartement à Résidence Lotus, Flic-en-Flac, payé en liquide pour un montant de Rs 3,4 millions sans compter les meubles en bois massif importés.
De leur côté, les hommes du tandem Choolun Bhojoo/Sharir Azima sont plus que jamais confiants que Christelle Bibi, arrêtée par la brigade antidrogue le 23 mai, aurait amassé sa richesse avec de l’argent provenant du trafic de drogue. D’ailleurs, elle rendait visite à Peroumal Veeren en prison régulièrement, bien qu’elle ait toujours nié que son magasin roule avec de l’argent sale. Or, avec l’arrestation du suspect Tony Ricca, la police compte solliciter des détails sur ses relations et contacts avec Christelle Bibi.?Par ailleurs, l’interrogatoire du constable Basana-Reddi s’est poursuivi aux Casernes centrales, où le policier a donné plus de détails sur son implication sur la saisie de Rs 18 M d’héroïne dans les toilettes de l’aéroport international. Le policier affecté au Passport and Immigration Office (PIO) a confirmé que ce n’était pas la première fois qu’il récupérait de la drogue à Plaisance et, par la même occasion, qu’il l’a fait sur les instructions de Dade Azaree. Il était alors rémunéré entre Rs 100 000 à Rs 150 000, dépendant de la quantité de drogue qu’il faisait sortir de l’aéroport. L’ADSU dispose d’informations selon lesquelles en cinq occasions, le constable Basana-Reddi aurait récupéré des colis de drogue à Plaisance.