Aurore Gros-Coissy, arrêtée le 19 août 2011, fait partie des sept Français emprisonnés à l’île Maurice dans le cadre du vaste trafic de Subutex qui sévit entre les deux pays. La présumée passeuse prendra connaissance du jugement sur la motion de sa remise en liberté provisoire. Son avocat, Me Rex Stephen, et celui de la poursuite, Me Shakeel Bhoyroo, ont rendu leurs réquisitoires hier aux Assises.
L’inspecteur de police Rajen Dhobarry, appelé à la barre des témoins, a confirmé qu’Aurore Gros-Coissy a admis qu’elle transportait dans ses valises un paquet de biscuits, dont elle ignorait le contenu, en l’occurrence des sachets de Subutex. L’inspecteur a aussi indiqué qu’après son arrestation, la Française a coopéré avec la police.
Interrogée par la poursuite, Aurore Gros-Coissy a précisé qu’elle est de nationalité française et qu’elle n’a pas de résidence ni de compte bancaire ou de la famille à Maurice et qu’elle n’avait pas d’emploi. À une autre question de la poursuite quant à l’objet de sa visite à Maurice, la présumée passeuse a indiqué qu’elle y était venue passer des vacances. La poursuite a également soutenu à la Française que si elle recouvrait la liberté provisoire, elle pourrait pendre s’enfuir, n’étant pas surveillée 24 h/24. Ce à quoi elle a répondu qu’elle n’avait nullement l’intention de quitter le pays car elle veut laver son honneur et celui de sa famille.
Joël Toussaint, le représentant local du collectif « victimes du Subutex France-Maurice », qui s’est porté garant pour loger la jeune femme si jamais elle retrouvait la liberté conditionnelle, a déclaré à la barre des témoins qu’il avait longuement parlé avec la famille d’Aurore Gros-Coissy et qu’il fera le nécessaire, selon les exigences de la cour, pour assurer la garde de la jeune femme même s’il ne sera pas toujours présent à cause de ses engagements pour la surveiller 24 h/24.
Lors de son réquisitoire, Me Rex Stephen a déclaré que sa cliente ne risquait pas de quitter le pays si elle obtenait la liberté conditionnelle car elle avait indiqué qu’elle voulait laver son honneur. L’avocat a aussi remis en question le fait qu’une des accusés, Giantee Cornell, avait obtenu la liberté conditionnelle dans cette affaire. Me Shakeel Bhoyrooo a, lui, indiqué à la cour qu’il y avait trop de risques que l’accusée quitte le pays avant même que son procès ne débute si elle recouvrait la liberté conditionnelle, vu qu’elle n’a aucun lien à Maurice, sauf son garant Joël Toussaint qui n’a eu que des conversations sur des réseaux sociaux avec sa famille, et qui ne la connaît pas vraiment.
Le juge Benjamin Joseph a décidé de réserver son jugement concernant cette motion. Le procès a été renvoyé en mai 2014.
Pour rappel, Aurore Gros-Coissy, âgée de 25 ans, a été arrêtée à l’aéroport de Plaisance en possession de 1 680 cachets de Subutex. Elle a été inculpée sous une accusation provisoire de trafic de drogue.
La jeune Française, originaire de Saint-Romain-de-Popey, une petite commune du Rhône, maintient qu’elle n’était pas au courant de la présence du subutex dans ses bagages. Elle aurait, dit-elle, été piégée par un ami de la famille, Tinsley Cornell, avec qui elle pensait venir en vacances à Maurice. Elle avait récemment renoué contact avec ce Franco-Mauricien établi en France, via un réseau social. Ce dernier aurait dissimulé les cachets dans un paquet de biscuits qui, lui avait-il dit, était destiné à sa mère. C’est chez cette dernière à Maurice qu’Aurore Mélanie Gros-Coissy devait séjourner. Deux contacts locaux, Giantee Ramchurn et Jean James Tencaramadon, tous deux des habitants d’Albion, ont été inculpés sous la même accusation que la passeuse dans cette affaire. La valeur marchande du Subutex était estimée à Rs 1,6 million.