Inculpé devant la Cour d’assises pour l’importation de Subutex d’une valeur de Rs 15 millions, le Français Matthieu Blondeau a plaidé coupable. La sentence est prévue demain. Il est arrivé sur le sol mauricien avec 9 884 comprimés de Subutex en compagnie de son amie Katia Terminet. Cette dernière a été relâchée après environ deux ans de détention préventive. Elle a regagné la France en novembre.
« Je veux présenter mes excuses à la Cour et au peuple mauricien. J’ai un petit garçon et une femme qui m’attendent dehors. J’ai fait une erreur mais je demande à la Cour de faire preuve de clémence. Je regrette, je ne savais pas que c’était de la drogue ici. » C’est ce qu’a déclaré Matthieu Blondeau, cuisinier de 22 ans, du banc des accusés. Ce ressortissant français est poursuivi devant la cour d’assises pour avoir fait entrer du Subutex sur le sol mauricien. Il est défendu par Me Zakir Mohamed. Il a plaidé coupable devant le juge Benjamin Marie Joseph.
Le bureau du Directeur des poursuites publiques est représenté dans cette affaire par le State Counsel Me Shakeel Bhoyroo. Un représentant du ministère de la Santé a été appelé à la barre des témoins et a expliqué que la buprénorphine, plus connue comme Subutex, est un médicament pour les toxicomanes au même titre que la méthadone. Comme le ministère n’a pas accordé l’autorisation d’importer le Subutex, ce médicament est proscrit à Maurice. Son utilisation, poursuit-il, est détournée à Maurice. Et en l’absence de contrôle médical, le Subutex devient une drogue dangereuse.
En France, la vente de Subutex est régulée en pharmacie par une prescription médicale et son prix se situe autour de 3 euros la boîte, alors qu’à Maurice, vendu au noir il peut atteindre les Rs 1 200. Selon l’officier du ministère de la Santé, la quantité importante de drogue saisie aurait pu causer des dégâts importants à la société. Ce produit, dérivé de son utilisation originelle, est injecté par voie intraveineuse.
Par ailleurs, si un ressortissant étranger arrive à Maurice avec du Subutex et possède un certificat médical attestant qu’il suit un traitement, la drogue est récupérée et les autorités s’assurent de lui donner la dose prescrite tous les jours.
Sanjay Ramchurn, douanier, a soutenu qu’il travaillait à l’aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam le 28 mars 2011 lorsqu’il a interpellé l’accusé et sa copine Katia Terminet. Il a fouillé la valise de Matthieu Blondeau et y a trouvé un paquet. « Il m’a dit que le paquet contenait une surprise pour sa copine… Mais celle-ci n’a rien dit », a soutenu le témoin à charge. À son arrestation par les éléments de la brigade antidrogue, Matthieu Blondeau n’avait que 19 ans.
Le sergent Le Pois, principal enquêteur dans cette affaire, a consigné les dépositions du prévenu. Matthieu Blondeau était à sa deuxième visite au pays quand il a été arrêté mais a soutenu que la première fois, il y est venu pour des vacances seulement. Cette fois-ci, ce serait son ami Jérôme Barnabès qui lui aurait confié le colis.
Matthieu Blondeau a, selon l’officier de police, coopéré partiellement avec les autorités avant d’user de son droit au silence. Il a participé à l’exercice de livraison surveillée monté par l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU). Il aurait toutefois envoyé un texto à l’un de ses amis sans l’autorisation de la police.
Rappelons que le DPP a abandonné les poursuites contre Katia Terminet en novembre, qui a pu regagner la France. Elle aura passé quelque deux ans en détention préventive. Selon les dispositions de la Dangerous Drugs Act, les personnes inculpées de transactions de drogue ayant une valeur de plus de Rs 1 million sont considérées comme des trafiquants de drogue. Elles risquent au maximum 60 ans de servitude pénale. Le juge Benjamin Marie Joseph fera connaître sa décision demain.