Les proches de Déborah Dangla (19 ans) et Farah Nachi (21 ans), deux Françaises détenues à Maurice pour trafic de Subutex, sont montés au créneau hier lors d’un point de presse à Paris pour dénoncer les conditions de leur détention à Maurice et réclamer un procès rapide. De son côté, le Commissaire des prisons Jean Bruneau soutient que jusqu’ici aucune plainte formelle n’a été enregistrée concernant la détention de ces deux suspectes arrêtées à l’aéroport en 2011 et 2012 avec une importante cargaison de Subutex.
« Ce que nous voulons rapidement c’est un procès, qu’elles ne soient pas trimbalées d’audiences en audiences », a déclaré Christiane Dangla, grand-mère de Déborah, lors de cette conférence de presse. Elle devait également faire de graves allégations en indiquant que dans la prison où sont incarcérées les deux Françaises qui est « très vétuste, elles ne sont pas soignées ». Elle réclame ainsi « des conditions de détention humaines ».
Originaires de la région parisienne, Déborah Dangla et Farah Nachi ne se connaissent pas mais leurs parcours sont quasiment identiques, explique Christiane Dangla. Elle les décrit comme des femmes « seules, sans travail, livrées à elles-mêmes, des proies faciles ».
Pour sa part, l’avocat des deux femmes en France, Me Joseph Breham, s’est plaint de ne pas avoir accès à leur dossier. « On ne sait pas exactement ce qu’on leur reproche […] On est dans le flou absolu », a-t-il dit, avant de soutenir que « la détention qui ne se justifie plus ».
Interrogé ce matin par Le Mauricien, le Commissaire des prisons affirme que Maurice respecte à la lettre les recommandations de la convention des droits de l’homme. « Le pays est signataire de la convention des droits de l’homme concernant la détention. And we abide fully les conditions. À la prison, nous faisons constamment de notre mieux pour améliorer les conditions des détenus », fait comprendre Jean Bruneau.
Et de poursuivre : « D’ailleurs, nous avons un prison council où les détenus peuvent faire part de leurs doléances que nous prenons en considération. Il est certes toujours possible d’améliorer tout ceci. Concernant les étrangers qui sont actuellement détenus à Maurice, le personnel de l’ambassade leur rend souvent visite. À ce jour, nous n’avons reçu aucune plainte formelle concernant la détention de ces deux Françaises. »
Abordant le volet du procès rapide, le Commissaire des prisons affirme qu’un plan stratégique pour les dix prochaines années a été soumis aux autorités préconisant que les enquêtes soient terminées dans les meilleurs délais. Des consultations ont été engagées en ce sens avec les autorités judiciaires et le bureau du directeur des poursuites publiques.
Des deux Françaises, Farah Nachi a été la première à être interpellée par l’Anti Drug Smuggling Unit (ADSU) en décembre 2011. Le vol de Corsair en provenance de France venait d’atterrir au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport quand le contrôle des bagages confirme la présence d’un colis suspect dans la valise appartenant à la jeune femme, sans profession et habitant 30, Place Le Vau 92 600, Asnières-sur-Seine, en France. La perquisition des bagages découchera sur la découverte de 9 696 tablettes de Subutex, soigneusement emballées dans six paquets d’au moins 1 600 chacun. La valeur marchande : Rs 12 millions.
Concernant Déborah Dangla, plus de 6 000 cachets de Subutex avaient été retrouvés dans ses bagages le 23 mars 2012 soit à sa descente d’avion à l’occasion d’un deuxième séjour à Maurice.