Sir Anerood Jugnauth, ancien président de la République et leader du Remake 2000, critique vivement «l’arrogance» dont a fait preuve, selon lui, le Premier ministre, Navin Ramgoolam à l’encontre de l’Inde sur la question du Traité de Non-double Imposition fiscale liant nos deux pays. Il prévoit que les propos tenus par le chef du gouvernement mauricien à cet effet causeront du tort à Maurice. «Est-ce ainsi que l’on traite un pays ami?», se demande l’ancien président de la République qui dit imaginer comment les dirigeants indiens ont pu être«offensés»par l’attitude de Navin Ramgoolam.
Revenant sur le «cinéma»ayant, souligne-t-il, ébranlé le gouvernement PTr/PMSD en ce début d’année, sir Anerood estime que même si, finalement, Xavier Duval est «rentré dans les rangs»après avoir «craqué»,cela n’a pas pour autant mis un terme à l’instabilité au sommet du pouvoir qui, selon lui, se maintient. «Nous avons affaire à un gouvernement fragile, instable, sans capitaine, qui va à la dérive au détriment de la population et du pays», dit-il.Pour lui, la situation est, en effet, appelée à s’empirer en raison de la «méfiance»qui s’est installée entre les deux partenaires du gouvernement.
SAJ rappelle le fait que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a déjà avoué, d’une part, ne pas «faire confiance»à ses ministres et qu’il était «entouré», d’autre part, de«Judas et de traîtres».Il affirme, dans ce contexte, que c’est dans le but de  ne pas permettre à Xavier Duval qui assumait, en début de semaine, l’intérim au poste de Premier ministre, de présider la réunion du Conseil des ministres, vendredi dernier, que ledeputy-Prime minister,Rashid Beebeejaun, aurait mis fin, prématurément, à sa mission à l’étranger pour rentrer, plus tôt, au pays. Le leader du Remake 2000 parle aussi de «mot d’ordre» qui aurait été lancé au niveau de la circonscription Numéro 18 en vue de«marginaliser»le leader du PMSD.
Sir Anerood trouve, d’autre part, que la population en a marre de «l’arrogance»,de la «tyrannie»et des «décisions arbitraires»du gouvernement en place et veut d’un changement à la tête du pays. Parlant de la participation du chef du gouvernement au Sommet de Davos, il dénonce, justement, ce qu’il estime être «l’arrogance»de Navin Ramgoolam par rapport à l’Inde sur la question du Traité de Non-double Impositon fiscale.
«Dirigeants indiens offensés»
«On verra le tort que causeront ses propos», prévient-il. L’ancien président de la République trouve que, par ses agissements, le gouvernement en place a fait énormément de tort au secteur des services financiers. «Est-ce ainsi que l’on traite un pays ami?», se demande-t-il. Après les propos tenus par le chef du gouvernement, SAJ dit pouvoir imaginer comment, selon lui, les dirigeants indiens se seraient sentis «offensés». Alors qu’il estime que la participation du Premier ministre à ce sommet de Davos ne rapportera rien au pays concrètement, l’ancien président de la République critique parallèlement l’absence de Navin Ramgoolam à la cérémonie d’investiture du nouveau président malgache.
«C’est, dit-il, dans notre intérêt de consolider nos relations avec Madagascar, pays membre de la Commission de l’Océan Indien (COI) qui dispose de ressources énormes et qui est promis à un bel avenir». Et SAJ de féliciter, au passage, le leader de l’opposition, Paul Bérenger, pour sa participation à cette cérémonie de prestation de serment du président malgache nouvellement élu. Après les élections démocratiques dans ce pays, il dit souhaiter «vivement» que la Grande île et le peuple malgache prennent un nouvel envol.
Abordant la question de l’élaboration en cours de la liste des candidats du Remake MSM/MMM, sir Anerood soutient que s’il est vrai que certaines difficultés se présentent, cela ne veut pas dire, selon lui, qu’il n’y a pas de solutions à ces difficultés. «Nous voulons, dit-il, présenter des candidats valables en vue de garantir la victoire du Remake 2000».Il se dit confiant que l’exercice en cours s’achèvera bien. Après quoi, indique SAJ, le Remake MSM/MMM labourera le terrain en prévision du rassemblement de la Fête du Travail et, par la suite, des élections générales.
«Gouverner by trial and error»
A propos de la controverse en cours au sujet des Trade Fees payables aux collectivités locales par les opérateurs économiques, sir Anerood rappelle que lors des dernières municipales de décembre 2012, «certains»avaient menacé de«rendre la vie difficile»aux municipalités qui allaient être sous contrôle de l’opposition. Il accuse, ainsi, le gouvernement et particulièrement le ministre de tutelle, Hervé Aimée,«quelqu’un d’aussi rancunier que Navin Ramgoolam», de tout entreprendre pour mettre des bâtons dans les roues des mairies sous administration de l’opposition.
SAJ explique qu’avec le récent ajustement salarial découlant de la publication des recommandations du Pay Research Bureau (PRB), les collectivités locales se retrouvent dans une situation déficitaire en raison d’un tel «fardeau» additionnel. Parallèlement, selon lui, le gouvernement n’a fait aucun effort pour leur venir en aide. «Toutes les propositions qui ont été faites par les municipalités en vue d’accroître, autrement, leurs revenus ont été rejetées par le ministre», explique le leader du Remake 2000. En revanche, dit-il, ce dernier leur a «imposé»une hausse «across the board»des Trade Fees. Il dénonce, ainsi, le ministre Aimée qui, déclare sir Anerood, «veut, maintenant, tirer son épingle du jeu».
SAJ dénonce aussi le «chantage»du ministre qui a laissé entendre qu’il était disposé à reconsidérer à la baisse le taux de ces Trade Fees «si seulement les municipalités acceptaient leurs responsabilités». Estimant qu’un tel comportement est«indigne d’un ministre», le leader du remake 2000 se demande si le chef du gouvernement peut accepter, de la part de l’un de ses ministres, un comportement aussi «inacceptable». Soulignant le fait que le gouvernement a dû, ces derniers temps, reconsidérer nombre de décisions qu’il a prises, sir Anerood trouve que ce dernier gouverne «by trial and error».
L’ancien président de la République dément, enfin, catégoriquement, en des termes fleuris qui lui sont propres, la possibilité que ce serait lui l’ancien Premier ministre qui, selon Navin Ramgoolam, aurait projeté de faire l’acquisition d’un jet privé pour ses déplacements à l’étranger. «Si c’est moi qu’il visait, je tiens à démentir de la manière la plus catégorique que je n’ai jamais envisagé une telle possibilité», soutient le leader du Remake 2000.