Se faire soigner dans le privé a des coûts. Et non pas des moindres, notamment quand c’est la santé même du malade qui est mise en danger. Les proches d’une octogénaire, décédée le 30 janvier, l’ont malheureusement appris à leurs dépens. Outre une facture exorbitante pour un séjour d’une semaine seulement en clinique, la famille de cette dame dénonce le manque de soins et d’égards dont la patiente a été victime.
À la mi-janvier, cette habitante du littoral nord, alitée depuis deux ans, a dû se faire admettre en clinique pour une problème à la bouche. Ses proches, croyant bien faire, l’ont conduite dans une clinique a proximité  de leur domicile. « Cette clinique traite généralement les urgences, mais comme ma mère ne peut faire de grand déplacement, nous l’y avons conduite pour qu’elle puisse être soignée au plus vite », raconte sa fille. La vieille dame souffrait toutefois d’une escarre au bas du dos. « C’était un petit bout de croûte, pas plus gros que la taille d’une aiguille», soutient sa fille. 
Admise pour se faire soigner d’un champignon à la bouche l’empêchant de s’alimenter, la patiente recevra les soins appropriés. Toutefois, une semaine après son hospitalisation, ses proches notent que l’état de son escarre s’était aggravé. « C’était l’horreur. La petite croûte était devenue une cavité. On y voyait ses os », racontent ses proches. Pour ces derniers, il est clair que le personnel hospitalier ne lui avait pas fait ses pansements. « Les médecins et les infirmiers savent qu’il faut faire un pansement tous les jours. Ce n’est pas à nous de le leur dire », estime sa fille, qui est également d’avis que l’élargissement de la plaie est aussi due à un manque d’hygiène. « C’est parce qu’on ne lui a pas changé ses couches à intervalles réguliers que l’escarre s’est agrandie de la sorte. C’était vraiment un drame », dit-elle.
Rs 75 000 pour un séjour d’une semaine
La fille de la patiente décédée s’indigne également de l’attitude d’un médecin de cet établissement privé, qui « à maintes reprises nous a fait comprendre que ma mère n’avait rien à faire en clinique ». « Alors que ma mère devait être alimentée via une sonde, le médecin nous disait à chaque fois qu’elle pouvait rentrer à la maison. Que nous-mêmes, nous pouvions lui donner à manger à travers cette sonde », explique-t-elle. L’octogénaire aura fait une semaine en clinique. À sa sortie, les frais de clinique s’élèvent à Rs 75 000. « On ne lui a fait aucune opération. Ils ne lui ont administré que du sérum. Comment expliquer que la facture puisse atteindre Rs 75 000, alors que les frais de la chambre sont de Rs 3 880 par jour ? » s’interroge sa fille.
Dénonçant le manque de responsabilité du personnel de la clinique, tout comme le manque de compétence de certains employés, les proches de cette patiente aujourd’hui décédée souhaitent alerter la population. « Nous avions entendu dire que cette clinique ne jouissait pas d’une bonne réputation, mais pour des soins urgents, nous avons dû y mettre les pieds. Mais jamais nous ne recommanderons cet établissement à qui que ce soit », disent-ils. Ils font, de plus, ressortir que de tels traitements ne font pas honneur à la profession médicale, et risquent d’ailleurs de porter atteinte à la réputation du pays, ajoutant que « de nombreux touristes se rendent à cette clinique ». « Nous avons des amis étrangers qui ont dû rentrer chez eux et demander un nouveau diagnostic à leur médecin traitant, car le traitement reçu à la clinique, ici, dans cette partie très touristique de l’île, était approximatif. Pour que d’autres patients ne subissent pas le même sort, il est important de dénoncer de telles pratiques. Le ministère de la Santé devrait s’intéressait de plus près à ce genre d’établissements qui mettent la vie des patients en danger. »