Plus aucun doute ne peut et ne doit perdurer : la méthadone a certainement fait ses preuves en ce qu’il s’agissait de faire régresser l’épidémie menaçante du sida. Mais désormais, « c’est vers un traitement qui met le toxicomane, et donc l’humain, en pôle position, que nous nous dirigeons, d’où les alternatives que sont le Suboxone et le Naltrexone, qui ont été préconisés ». C’est ce qui ressort d’une rencontre avec la presse tenue ce matin au siège du ministère de la Santé en présence du Pr Gary Hulse, de l’Université de Weston, en Australie. L’homme, en vacances à Maurice, « a souhaité partager son savoir car ayant été consultant en addictologie et ayant travaillé sur le programme de la méthadone en Australie ».
Dans son intervention sur le traitement à la méthadone, et les vertus du Naltrexone, par voie orale, le Pr Hulse a laissé comprendre que « la méthadone provoque des complications cardiaques chez les patients et amène l’élasticité des artères ». Propos soutenus par Anil Gayan en réponse à une question de la presse quant à savoir si la méthadone serait envisagée comme option avec les autres traitements préconisés s’agissant de ces patients à qui ne conviendrait ni le Suboxone, ni le Naltrexone. « Le Pr Hulse vient de le dire : la méthadone est un désastre pour le patient ! Nous n’allons donc définitivement pas le considérer comme traitement. » Abondant dans le même sens, le Dr Domun, attaché au ministère, devait préciser : « Durant le “screening” qui a lieu en ce moment, ce seront aux médecins de “channel” les patients vers les traitements. Mais pour ces éventuels patients à qui ni le Suboxone, ni le Naltrexone ne conviendraient, nous préconisons d’autres alternatives. Mais définitivement pas la méthadone. » Ce même médecin devait ajouter : « Je rappelle que le gouvernement avait opté pour la méthadone il y a une dizaine d’années parce que cela convenait, à ce moment, pour faire régresser l’épidémie menaçante de sida. Sur ce plan, la méthadone a définitivement réussi ce pari : le sida a reculé. Maintenant, il s’agit d’offrir aux toxicomanes mauriciens des traitements qui les aideront à réintégrer la société et reprendre une vie active. » Dans cette mesure, a complété Anil Gayan, « nous ne voulons pas offrir une médication qui serait, comme la méthadone, un substitut à une drogue… » Attirant son attention sur le fait que supprimer un traitement et en imposer d’autres à des patients n’est pas en ligne avec le respect des droits humains, ni le ministre ni ses techniciens n’ont souhaité faire de commentaires.
Par ailleurs, à l’heure des questions, toujours, le ministre Gayan a rappelé que « le Suboxone et le Naltrexone, par voie orale, seront prochainement proposés aux toxicomanes qui sont sur les listes d’attentes des Ong ». Mais il n’a pu dire quand ces traitements seront disponibles.