Alors que le ministère de l’Éducation espère toujours pouvoir transférer les élèves de la Dr Régis Chaperon SSS vers le bâtiment vide de la Marcel Cabon SSS à Barkly, en attendant la rénovation de leur collège, l’exécutif de la Parents Teachers Association dit un « non » catégorique à cette proposition. Les parents soulignent les risques d’insécurité dans la région et feront part de leur décision lundi officiellement au ministère.
L’exécutif de la Parents Teachers Association (PTA) de la Dr Régis Chaperon SSS a eu une réunion mercredi en vue d’analyser cette proposition du ministère et à l’unanimité l’a rejetée. « Pas question que nos enfants aillent à Barkly et nous avons de sérieuses raisons de nous y opposer. L’endroit n’est pas safe », soutient Fazila Ghoorahoo, présidente de la PTA, qui s’est rendue sur les lieux il y a quelques jours. Ses dirigeants évoquent des cas d’agressions dont auraient été victimes plusieurs anciens élèves de la Marcel Cabon SSS alors qu’ils se rendaient au collège. Lors de la cérémonie annuelle de remise de prix de la Dr Régis Chaperon SSS le jeudi 21 juin, les élèves ont scandé eux aussi un « non » à ce transfert éventuel proposé par le ministère.
La remise à neuf de la Dr Régis Chaperon SSS — une urgence en raison de l’état lamentable de l’école — représente un gros chantier de construction et le ministère souhaiterait un déplacement des élèves durant les travaux, estimant que les conditions ne seront pas propices à l’apprentissage à cause des bruits, de la poussière et des risques d’insécurité. Il a fallu un coup de force de la part des parents pour que le ministère fasse diligence avec ce projet de rénovation. Selon nos renseignements, le contrat pour la réalisation de la première phase au coût de Rs 76 millions a été finalisé et les travaux devraient débuter très bientôt. Il s’agit de la construction d’un bâtiment pour des classes spécialisées, notamment des laboratoires de science, un atelier et une salle informatique. La construction de nouvelles toilettes est aussi inclue dans cette première phase. Les ingénieurs du ministère de l’Éducation et ceux du ministère des Infrastructures Publiques étaient au collège avant-hier pour un état des lieux.
Ce nouveau bâtiment sera construit sur un terrain à l’angle des rues Mallefille/Route Royale et qui a été acheté par l’État en 2003 à l’époque du gouvernement MSM-MMM pour des projets de développement de ce collège de Belle-Rose. Avec le changement de gouvernement en 2005, ces projets ont été mis en veilleuse.
Les dirigeants de la PTA, qui attirent l’attention des autorités depuis plusieurs années sur la dégradation à vue d’oeil du bâtiment de l’école, sont soulagés de voir que leurs efforts débouchent enfin sur des actions concrètes. Ils soutiennent qu’il n’y a aucune nécessité de faire transférer les élèves car les travaux, selon eux, ne gêneront nullement la bonne marche de l’école puisque le chantier est assez éloigné du bâtiment principal. « Il suffit aux autorités de planifier les choses. Pourquoi ne pas profiter des vacances d’août et de décembre pour accélérer les gros travaux ? Il y a des constructions très conséquentes qui se déroulent dans des hôpitaux sans qu’on ait besoin de les fermer et sans que les patients en soient affectés. Nous ne voyons pas comment nous ne pourrions nous arranger afin de rénover ce collège sans pour autant transférer les élèves », déclare la présidente de la PTA.
Dorénavant, la priorité pour la PTA du Dr Régis Chaperon SSS est de remonter le moral des élèves et l’exécutif a élaboré un plan en ce sens : relance des indoor games avec l’achat déjà de plusieurs jeux (Scrabble, Des chiffres et des lettres, Carrom) ; le remplacement des tableaux noirs traditionnels par l’installation de white board dans toutes les classes indistinctement ; l’achat du matériel audiovisuel pour l’enseignement de certaines matières scientifiques ; l’achat des livres pour la bibliothèque. La PTA veut aussi maintenir l’ordre et la discipline et donne un signal fort aux élèves avec l’installation de douze caméras de surveillance à divers coins de l’école. Elle a puisé de l’enveloppe des Rs 500 000 accordées à toutes les écoles du gouvernement dans le dernier budget pour ces nouvelles acquisitions. « Puisque l’état actuel du bâtiment nécessite une rénovation globale nous avons décidé d’investir cet argent dans des choses qui sont tout aussi importantes pour l’éducation et le développement de nos jeunes », a argué Fazila Gooharoo.