L’agglomération port-louisienne de Tranquebar, située dans la circonscription No 2, a accueilli hier soir le premier congrès de l’Alliance de l’Unité et de la Modernité après l’annonce officielle de la date des élections générales, prévues pour le 10 décembre prochain. L’occasion pour Navin Ramgoolam et Paul Bérenger de présenter deux des trois candidats dans cette circonscription, à savoir Reza Uteem et Osman Mohamed, qui a soumis hier sa démission en tant que président exécutif de la Commission MID. Le nom du troisième candidat sera connu demain mais, déjà, le nom de Razack Peeroo, vétéran travailliste, est évoqué comme remplaçant de Rashid Beebeejaun dans cette circonscription.
Intervenant après Paul Bérenger, Navin Ramgoolam a expliqué avoir attendu le départ de la ministre indienne des Affaires étrangères Kushma Swaraj, par « respect pour l’Inde », pour annoncer la date des élections et, ainsi, donner le coup d’envoi officiel de la campagne électorale. Il a aussi réitéré que « les deux  plus grands partis du pays ont décidé de s’unir » dans le but de « consolider l’unité nationale ». Et de marteler ensuite que « les prochaines élections seront un référendum sur l’unité nationale ». Sans l’unité, dit-il, « on ne peut rien faire ».
Le Premier ministre a aussi rappelé qu’à chaque élections générales, le pays est « divisé en deux », une moyenne de 52% soutenant le gouvernement et le reste étant dans l’opposition. « Tous ceux qui ne soutenaient pas le gouvernement se sentaient donc exclus. Or, l’unité nationale est importante pour gouverner le pays », a-t-il insisté, avant de rappeler que le PTr et le MMM sont tous les deux membres du Socialiste International. « Nos deux partis mènent le même combat. »
Navin Ramgoolam a consacré une bonne partie de son allocution à critiquer Sir Anerood Jugnauth. Il a cité, entre autres, sa tentative d’amender la Constitution pour introduire les langues orientales au CPE. Il a affirmé avoir refusé de soutenir ce projet qui, selon lui, était « discriminatoire » et allait « défavoriser la communauté créole ». Dans le même souffle, il a expliqué qu’alors que les dirigeants travaillistes de l’époque lui avaient fait comprendre que sa décision risquait de leur faire perdre les élections, il avait proposé de démissionner du PTr, sans toutefois s’attaquer à son parti car « n’étant pas de ceux qui critiquent leur parti après l’avoir quitté ». Sa démission avait toutefois été refusée.
Il a aussi rappelé à l’assistance les « attaques de SAJ contre la communauté musulmane », expliquant qu’il avait refusé de mettre un ministre musulman dans son cabinet « parce que la communauté musulmane ne l’avait pas soutenu ». Il a aussi fait mention des attaques de SAJ contre la communauté chinoise. Or, dit-il en rappelant le principe adopté par SSR de « ne pas toucher aux religions », « ni Paul Bérenger ni moi n’avons jamais humilié une communauté comme l’a fait sir Anerood Jugnauth ».
Il est ensuite revenu sur l’affaire Medpoint, expliquant qu’il avait refusé de céder aux pressions de SAJ, alors Président de la République, pour arrêter l’enquête de l’ICAC. Navin Ramgoolam a également été très sévère à l’égard de Xavier-Luc Duval et de sa « performance » lorsque celui-ci était à la tête de plusieurs ministères. De même, le leader rouge a aussi réitéré sa volonté de présenter une liste de candidats « balancée » tout en demandant à ceux qui n’obtiendront pas d’investiture de « penser aux principes et aux valeurs du parti travailliste ».
Paul Bérenger, pour sa part, a présenté lui aussi les deux candidats de l’Alliance de l’Unité et de la Modernité, à savoir Osman Mohamed et Reza Uteem. Il a demandé à l’électorat de l’alliance PTr/MMM de « donner une correction à sir Anerood Jugnauth », de même que de « voter bloc » dans la circonscription No 2 pour les trois candidats qui seront présentés. Le congrès, qui a accueilli une bonne foule, était présidé par Reza Uteem. A noter qu’Osman Mohamed a également pris la parole.