Depuis bientôt dix jours, le Central CID est en présence d’une very hot political potato avec des dénoncations d’escroquerie alléguée portées contre Hemant Bangaleea, qui ne se gêne nullement pour se présenter comme très proche des plus importantes personnalités politiques du pays. Le cas est encore plus délicat car le préjudice de cette arnaque immobilière porte sur une somme variant entre Rs 40 millions et Rs 100 millions avec la preuve représentée sous forme d’un chèque de 3,8 millions de dollars à être négocié au comptoir d’une banque de Singapour mais refusé pour cause d’irregular signature. La situation de l’homme à  la valise de Rs 300 millions en devises étrangères s’est aggravée avec des menaces de mort à peine voilées et au moins deux tentatives de mise à exécution contre Nitesh Ramdhary, âgé de 29 ans, qui veut récupérer son argent avancé à Hemant Bangaleea pour l’acquisition d’une propriété immobilière en Inde, plus particulièrement à Goa.
La véritable descente aux enfers de Hemant Bangaleea, qui avait pu jusqu’ici, pour des raisons encore occultes, échapper aux filets des autorités, en particulier de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC), malgré des dénonciations en règle, a véritablement commencé en novembre 2011. « Hemant Bangaleea est un parent à moi et nous nous sommes rencontrés en novembre de l’année dernière. Li ine dire mwa li ena ène dé terrain dans l’Inde pou vendé si mo pa intéressé », déclare Nitesh Ramdhary en guise d’entrée en matière.
Vu l’emplacement des terrains proposés et situés à Goa en Inde, l’homme d’affaires Ramdhary avait cru trouver le deal idéal avec la réalisation d’un projet de construction d’un hôtel. « Compte tenu de nos liens de parenté, Helmant Bangaleea était d’accord que le paiement allait se faire sur une période de huit mois. Mais les versements devaient se faire en argent liquide pour ne pas éveiller les soupçons de l’ICAC, qui était déjà sur la piste de Bangaleea », poursuit Nitesh Ramdhary.
Après les premières tranches variant entre Rs 200,000 et Rs 300,000, le dénommé Ramdhary recherche une garantie sous la forme de reconnaissance de dettes. « Pa bizin okenn papyé. Nou fami, non! Vine lakaz mo va eksplik twa kuma sa zafer-là », aurait déclaré Hemant Bangaleea en vue de rassurer l’acheteur éventuel.
« Kan mo ine alle lakaz kot li, li ine montré bann kontra la terre pou bann grand dimounes. Lor sa bann kontra, ti éna foto sa banne dimounes pou ki li aste laterre pou zotte dans l’Inde. Kan mo ine guette sa, mo ine fer Bangaleea konfyans », poursuit Nitesh Ramdhary, qui cite les noms de deux ministres en poste et d’un ancien ministre aujourd’hui à la tête d’un important conglomérat public comme étant ceux ayant eu recours aux services de Hemant Bangaleea pour gérer leurs patrimoines fonciers en Inde.
Jusqu’en août dernier, le versment des tranches se fait de manière régulière pour atteindre le montant agréé et un contrat de vente du terrain est remis à Nitesh Ramdhary. Mais celui-ci n’est pas satisfait du document et veut aller visiter le terrain en Inde. Cette demande de visite est formulée le 20 août dernier et jusqu’au 15 septembre, aucun développmement n’intervient.
« Mo ine kumans gagn doute ki li pe roule moi. Je suis parti à Londres pour exhibition commerciale. J’ai saisi l’occasion de ma présence à Londres pour des vérifications de l’authenticité de ce contrat de vente avec mes contacts dans le giron légal. Ils m’ont catégoriquement fait comprendre que c’était un faux. Je suis allé à l’ambassade de l’Inde à Londres pour confirmation », fait comprendre la victime de l’arnaque.
A partir de là, l’étau se resserre autour de Hemant Bangaleea, qui était en déplacement à Londres. Après discussions lors d’un rendez-vous à Piccadilly, la décision de remboursement de l’intégralité des versements est entérinée. Un chèque de 3,8 millions de dollars est même émis. Les deux compères font le voyage Londres/Maurice ensemble le 27 septembre. « Dans avion, Hemant Bangaleea dimand mwa kot kontra later ek chèque-là été. Mo ine dir li zot ar mo avoka », rajoute-t-il contre la promesse qu’une fois le chèque négocié à Singapour, il allait retourner à qui de droit ces deux pièces à conviction.
Mais le 4 octobre dernier, Nitesh Ramdhary est en présence d’une première menace à peine voilée sous forme de SMS sur son téléphone cellulaire de Hemant Bangaleea qui lui dit: « Pense bien saki to fer. Si mo alle dan prison… » L’homme d’affaires se rend à Singapour pour effectuer le versement du chèque sur un de ses comptes dormant. Il devait être de retour à Maurice le 18 octobre. Il fut informé que la transaction bancaire n’avait pu se faire car le problème relevait d’une « irregular signature », même si les fonds existent sur le compte de Hemant Bangaleea.
Quatre jours après son retour, Nitesh Ramdhary est victime d’une première agression commise par au moins quatre bouncers en présence de deux femmes. « Anuradha (l’épouse de Hemant Bangaleea) ti koz ar mwa lor téléfon lerlà. Li ine dir mwa li éna backing politik (le nom du politicien est cité) et ki même si mo alle station Triolet pou fer déposisyon, pas pou éna nanyen. Li ouvlé ki mo alle kit kontra ek chèque avec avocat intel (le nom de l’homme de loi a été communiqué à la police) », dit-il. La dénommée Anuradha a été arrêtée et est actuellement sous caution après ces premiers incidents.
De nouveaux incidents devaient survenir dans la soirée de jeudi à Balaclava quand Nitesh Ramdhary a failli se faire immoler lors d’une agression par deux bouncers et deux femmes. « Zotte ine force mwa koz ar Bangaleea lor téléfon. Li ine dir mwa ki li ine fine appran ki mo ine mette case kont li. Li ine dir mwa intel (le nom d’une personnalité politique est citée) pou touffe sa case lapolis. Aster personne pa pou konné ki mon ine deveni et kot mo état ek kot mo loto été », ajoute-t-il dans sa déposition au Central CID.
Nitesh Ramdhary affirme avoir pu se libérer de ses agresseurs après avoir lutté contre eux et prendre la fuite au volant de sa voiture. Il s’est rendu au poste de police de Sodnac pour consigner sa déposition sur les instructions de son homme de loi, Me Yash Bhadain. Les informations disponibles à la police sont que le dénommé Hemant Bangaleea est actuellement à l’étranger et que des instructions ont émises au Passport and Immigration Office pour qu’il soit remis au Central CID à son retour pour son interrogatoire.
L’enquête policière suit son cours dans ce qui est en passe de devenir un very high profile case susceptible de mettre dans l’embarras l’entourage politique de Hemant Bangaleea dans les jours à venir.