L’Assemblée nationale a adopté en début d’après-midi le transfert de l’administration du bureau du Directeur des Poursuites Publiques (DPP) sous la férule du bureau de l’Attorney General. Cette provision faisait partie d’une cédule du Finance and Audit (Amendment) Bill présenté par le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo. Cette loi préconise un retour au « line budgeting » qui, selon le ministre, permet une meilleure compréhension du budget et une plus grande transparence. Il prévoit également un retour à l’année financière durant la période juillet à juin de l’année suivante.
Résumant les débats sur le texte de loi, le ministre des Finances a, en réponse aux remarques faites auparavant par le député de l’opposition Reza Uteem, affirmé que la cédule incluse dans le texte de loi ne faisait que mettre en oeuvre une décision du Conseil des ministres « dans sa sagesse » concernant le transfert de l’administration du bureau du DPP sous celui du ministère de la Justice. Cette question a donné lieu à un débat dans le pays et doit figurer à l’agenda d’une réunion du Bar Council le 20 mars prochain.
Dans son intervention, Reza Uteem s’est prononcé contre le transfert du bureau de DPP et a soutenu les arguments développés par le député Veda Baloomoody au Parlement mardi dernier. Il a rappelé la remarque faite par la Law Review Commission, qui avait considéré la présence du bureau du DPP parmi les départements contrôlés par l’Attorney General comme étant « anticonstitutionnelle ». Le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a demandé : « Pourquoi n’a-t-on donc pas amendé la Constitution lorsque la décision d’accorder une autonomie administrative au bureau de DPP a été prise ? ». Reza Uteem a soutenu sa réponse par un argument légal et a souhaité que le budget du DPP soit sanctionné directement par le Parlement, comme c’est le cas pour le judiciaire.
Le Finance and Audit (Amendement) bill a, selon le ministre des Finances, pour but de simplifier la présentation du budget courant. Selon Vishnu Lutchmeenaraidoo, le Fond monétaire international a utilisé Maurice comme « cobaye » pour tester le programme “base budgetting”. Or, selon lui, cela avait rendu le budget « incompréhensible » pour la majorité des parlementaires et, plus encore, pour le public en général. De plus, l’ancien gouvernement « profitait de cette opacité » pour introduire d’autres mesures à l’insu des parlementaires. Il a affirmé qu’alors qu’il était président de la commission économique du MMM, cette pratique était condamnée par les dirigeants de ce parti. « Je suis maintenant plus serein avec le Budget, même si je le reconnais que je dois répondre à un plus grand nombre de questions » a-t-il dit, affirmant que cela en « valait la peine » même s’il représente un « retour en arrière par rapport à la modernité ». Et SAJ de lancer : « Back from Navin’s modernity. »
Le leader de l’opposition avait pour sa part estimé que ce retour consistait à « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Il a estimé qu’au lieu de cela, le ministre des Finances aurait dû apporter des améliorations au programme “base budgetting” en corrigeant ses imperfections. Et d’observer que ce programme est pratiqué dans de nombreux pays. D »autre part, il a estimé que le changement de l’année financière rendra désormais plus difficile la comparaison par rapport  aux années précédentes.