La réunion des ministres des Finances et de l’Investissement de la Southern African Development Community (SADC), qui s’est tenue durant le week-end à l’hôtel Le Méridien, Balaclava, a donné son aval pour que le document « Feuille de route proposée pour accélérer la transformation économique en Afrique », présenté par Maurice, fasse l’objet d’un examen de la part de tous les États membres du bloc régional en vue d’une éventuelle mise à exécution. La réunion ministérielle a également situé l’urgence de la création d’un Fonds de développement de la SADC, la seule entité régionale ne disposant pas d’un tel fonds à ce jour.
La feuille de route élaborée par Maurice a pour axes centraux : 1) l’approfondissement de l’intégration régionale ; 2) l’amélioration des infrastructures publiques ; 3) l’utilisation généralisée des zones économiques spéciales ; 4) l’amélioration de la pratique des affaires et des indicateurs de la compétitivité à l’échelle régionale, en joignant les petites et moyennes entreprises aux chaînes d’approvisionnement nationales, régionales et mondiales ; 5) le renforcement accru des capacités tant au niveau national que régional. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier Luc Duval, qui procédait à l’ouverture officielle de la réunion ministérielle de la SADC samedi matin, a fait référence au document par Maurice et a appelé les ministres à considérer sérieusement les diverses pistes suggérées par Maurice.
Xavier Duval a d’abord parlé du climat des affaires, demandant aux pays membres d’essayer d’émuler, au cours des trois prochaines années, le pays africain ayant obtenu le meilleur score sous chaque indicateur utilisé par la Banque mondiale pour établir son Doing Business Index. Le VPM est d’avis que les pays africains pourraient aussi bien apprendre du meilleur performer mondial dans chaque domaine.
Le Grand argentier a ensuite plaidé pour l’adoption d’un ensemble de projets infrastructurels transfrontaliers qui pourraient être exécutés par le secteur privé et pour que des actions soient prises pour leur mise à exécution. Il a demandé aux pays membres de tout mettre en oeuvre pour que les barrières au commerce de biens et services et à l’investissement soient enlevées. Xavier Duval leur a aussi suggéré de considérer l’opportunité de travailler avec des pays tiers pour la création de zones économiques spéciales avec des régimes à caractère libéral pour régir le commerce, la fiscalité et l’investissement.
Le VPM a, par ailleurs, proposé aux ministres de la SADC de ne pas limiter leurs actions à la région mais de les placer dans un contexte plus large, soit dans le cadre de la structure tripartite regroupant la SADC, le COMESA et la East Africa Community (EAC). Il estime que la SADC a intérêt à améliorer ses systèmes de gestion des finances publiques et a soutenu que les pays membres doivent améliorer leurs capacités à formuler et exécuter les politiques appropriées. L’assistance technique d’AFRITAC South, le centre de formation régionale, pourra être recherchée.
La réunion ministérielle a aussi été amenée à considérer sérieusement la création d’un Fonds de développement pour la SADC qui, a fait ressortir le secrétariat de l’organisation régionale, est une urgence si l’on veut approfondir la démarche pour une plus grande intégration économique régionale. Les ministres ont été invités à ordonner aux hauts fonctionnaires du Trésor et au secrétariat de la SADC de convoquer une réunion spéciale afin d’aborder les questions en suspens concernant la mise en route du fonds de développement en question.
Par ailleurs, les ministres ont été priés d’accorder une considération prioritaire aux recommandations sur la mise en oeuvre et le suivi du Protocole sur la finance et l’investissement et à l’adoption d’un mécanisme facilitant l’évaluation de l’exécution du protocole dans chaque pays par les autres pays membres.