La demande en sang s’accroît d’année en année en même temps que les progrès de la médecine. « Environ 30 % du sang fourni par nos services sont destinés au traitement de l’anémie au stage terminal de l’insuffisance rénale », a indiqué le ministre de la Santé Lormesh Bundhoo lors du sixième congrès international de la Société Africaine de Transfusion sanguine au Méridien à Balaclava.
Les interventions cardiaques, les maladies congénitales du sang dont la thalassémie, la thérapie cellulaire, les transplantations d’organes engendrent une demande croissante de produits sanguins. C’est aussi le cas pour les patients cancéreux qui ont besoin de transfusion sanguine pendant leur traitement par chimiothérapie. Le ministère de la Santé étudie actuellement le rapport soumis par le Pr Carter, un Consultant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour élaborer une politique concernant le laboratoire du National Blood Transfusion Service (NBTC) afin d’accroître l’efficacité et la qualité des services.
Vieux de 60 ans, le NBTC est l’unique organisme qui fournit du sang et les produits sanguins aux établissements de santé publics et privés. Un plan stratégique sera défini pour les prochains cinq ans. Lormesh Bundhoo, ministre de la Santé, s’est félicité de cette coopération Sud/Sud dédiée à la sécurité des transfusions sanguines. Le nombre de donneurs volontaires a augmenté de 20 000 à 1998 à 88 000 en 2011, indique le ministère. Les transfusions sanguines sont en effet incontournables pour sauver des vies de patients blessés après un accident de la route ou de mères souffrant d’hémorragie lors de complications au moment de l’accouchement.
Parmi les principaux sujets qui seront discutés au sixième congrès international de la Société africaine de Transfusion sanguine (SATS) à l’hôtel Le Méridien à Pointe-aux-Piments jusqu’au 7 mai figurent. les aspects cliniques de la transfusion sanguine, l’immuno-hématologie, l’hémo-vigilance, la sécurité des donneurs et des receveurs de sang, l’utilisation des produits sanguins lors d’hémorragies en obstétrique, les transfusions chez les enfants, la dépendance chronique aux transfusions, les effets secondaires, la gestion des stocks de produits sanguins, les infections pouvant être transmises par transfusion, la formation et les approches cliniques innovantes en Afrique. Environ 300 délégués parmi lesquels des représentants d’Organisations non gouvernementales, des organisateurs de dons de sang et des représentants médicaux et paramédicaux venant de 49 pays d’Afrique, d’Amérique, d’Europe, d’Inde, de Singapour et des Émirats Arabes Unis y participeront.
Ce congrès bi-annuel dans le secteur de la médecine transfusionnelle réunira le directeur exécutif de la société internationale de la transfusion sanguine, Judith Chapman ; la coordinatrice de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la sécurité de la transfusion sanguine, Dr Neelam Dhingra ; le représentant de l’OMS-AFRO, Dr J-B. Tapko ; l’ancien directeur, Blood Safety and Clinical Technology de l’OMS, Dr Jean Emmanuel ; et le Head of Immunohaematology, North London Blood Centre du Royaume-Uni, Robin Knight.
Les participants effectueront aussi une visite à la Banque de Sang à l’hôpital Victoria à Candos pour constater de visu le progrès réalisé par le Service national de transfusion sanguine et prendre connaissance des nouveaux défis auxquels ce département est appelé à faire face.
Outre le programme scientifique, se tiendra à cette occasion à l’hôtel Le Méridien une exposition d’équipements utilisés dans la transfusion sanguine. Une vingtaine de compagnies internationales renommées dans le domaine y participeront.
La tenue pour la première fois d’un tel congrès dans le domaine de la transfusion sanguine permettra au pays de mettre en valeur son service de transfusion. Selon le chef de service de la Banque de Sang, la doctoresse Janaki Sonoo, le service de transfusion sanguine a accompli un progrès considérable en termes de donneurs volontaires et de mise sur pied d’un système de gestion de qualité. « Maurice est également l’un des rares pays en Afrique où les dons de sang sont sûrs car le dépistage du VIH, du virus de l’hépatite B ou C et de la syphilis est effectué pour chaque don », précise-t-elle. Autre objectif du congrès : offrir des opportunités de networking.