Se déroulait hier, au Domaine Les Pailles, un atelier de travail sur un système de surveillance de la chaîne transfusionnelle. L’occasion pour le Dr Tapko, conseiller régional de l’Organisation mondiale de la Santé de faire bénéficier de son expérience aux parties prenantes mauriciennes.
Au Mauricien, le pathologiste Jean-Baptiste Tapko devait souligner que si l’hémovigilance est un chantier relativement neuf dans la région, il n’en reste pas moins que les pratiques transfusionnelles à Maurice soient attestées ISO, « un véritable atout », selon celui-ci.
Des débuts encourageants donc, mais comme devait faire ressortir le Dr Sonoo à l’ouverture : « L’accès au sang devient de plus en plus difficile. » Et à la responsable de la transfusion sanguine à la Banque du Sang d’ajouter : « Maurice subit les pressions d’une population vieillissante. » Ce phénomène accentuerait, selon la consultante en pathologie, l’écart entre l’offre et la demande de sang.
Par ailleurs, le ministre de la Santé et de la Qualité de la vie, Lormus Bundhoo devait, lors de son intervention, évoquer la menace que constitue le virus du SIDA. Devant un parterre de médecins, infirmiers, laborantins, pathologistes et autres membres du personnel de la Banque de Sang, il cite les chiffres qu’a réunis son ministère : le pourcentage de sang infecté par le virus du SIDA aurait augmenté de 0,001 % à 0,05 % de 1997 à 2009.
Lormus Bundhoo n’a donc pas manqué de souligner l’importance de la mise sur pied d’un système d’hémovigilance à Maurice. Cet atelier, initiative conjointe du ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie et de l’OMS, devait conduire une cinquantaine d’experts locaux à se pencher sur l’élaboration d’une structure organisationnelle pour favoriser l’hémovigilance. Ce terme auto explicatif désigne donc l’ensemble des pratiques qui amélioreraient la sécurité des transfusions et la qualité du sang obtenu. L’hémovigilance promeut le recueil, la conservation et l’accessibilité d’informations. L’OMS soutient également que la réalisation d’études revêt une importance capitale pour tout système d’hémovigilance. Et d’ajouter que les risques réels de transfusion sont souvent particuliers à une communauté ou un pays.
Par ailleurs, selon les chiffres du ministère, quelque 44 000 pintes de sang ont été collectées en 2010. Leur provenance : 88 % de donneurs volontaires, et le reste des membres de la famille et de donneurs de remplacement.
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Les points saillants
Le Dr Sonoo, consultante en pathologie et responsable du service de transfusion nationale, résume les points entérinés au cours des délibérations. Ainsi, dit-elle, chaque hôpital devrait instaurer un comité responsable de la gestion de sang afin de minimiser le gaspillage, de suivre et enquêter sur les réactions défavorables résultant d’une transfusion et de former tout le personnel médical et paramédical sur les directives cliniques quant à l’utilisation du sang ; un comité national devrait dans un deuxième temps se focaliser sur les études et l’analyse de données, ainsi que sur la dissémination de ces informations.