La contestation contre le projet métro express s’intensifie. L’Union of Bus Industry Workers Union (UBIW) annonce une action d’envergure, dont la forme sera décidée lors d’une assemblée générale spéciale le 6 septembre. Ashok Subron prévient qu’elle sera mise à exécution si le gouvernement persiste avec « l’autoritarisme » dont il a fait preuve sur ce dossier jusqu’ici. Il est d’avis qu’une réunion tripartite regroupant le gouvernement, les compagnies de transport et les syndicats, soldée d’un accord signé par les trois parties, est nécessaire pour garantir la protection d’emploi des travailleurs du transport.
L’UBIW, rappelle Ashok Subron, a été à la base des grands mouvements de contestation dans le secteur du transport, menant même à la création de la Corporation Nationale de Transport (CNT) dans les années 70. C’est le seul syndicat dans ce secteur, ajoute-t-il, qui regroupe les employés de différentes compagnies. « Aujourd’hui, il y a une grande pagaille dans ce secteur, avec le projet métro express. En dépit de nos différentes lettres et nos appels, le ministre Bodha ne nous a pas accordé une rencontre. Il m’a bien appelé pour me dire que la garantie concernant la préservation des emplois a été donnée au parlement. Mais ce que nous voulons, c’est une garantie en écrit, par le gouvernement et les compagnies d’autobus. »
Ashok Subron fait ressortir que le ministre des Infrastructures publiques n’étant pas propriétaire de ces compagnies d’autobus, il ne peut lui-même donner ces garanties. « Nous voulons une réunion tripartite, entre le gouvernement, les compagnies et le syndicat, avec un accord signé par les trois parties. »
Il ajoute que le métro express est « l’une des plus grandes trahisons de l’Alliance Lepep », ajoutant que celui-ci n’avait pas été présenté dans le programme électoral et que tout a été fait dans le dos de la population et des organisations sociales. « Cette manière d’agir du gouvernement relève de l’autoritarisme. On a négocié dans le secret avec l’Inde et on vient maintenant imposer ce projet aux Mauriciens. Qui plus est, il y a des risques réels d’endettement conséquent. »
Ashok Subron regrette également qu’aucune alternative n’ait été envisagée avant d’aller de l’avant avec le métro express. « Pour notre part, nous sommes en faveur d’un système de transport écologique. Si le gouvernement avait investi dans ce sens au lieu du métro express, nous aurions eu un système à la fois bénéfique à l’environnement et profitable pour le voyageur. »
À partir de la semaine prochaine, UBIW démarre une campagne de mobilisation au sein de différentes compagnies et dans différents dépôts à travers l’île. Lors de l’assemblée du 6 septembre, qui se tiendra à la Unity House, à Beau-Bassin, une décision sera prise sur la forme de cette contestation. « Cela peut-être une grève, une désobéissance, un référendum… tout dépendra de ce que les membres décideront. Ce qui est sûr, c’est quand l’UBIW dit qu’il va faire quelque chose, il va le faire. Enough is enough. »
De son côté, Saleem Bacsoo est d’avis que si le gouvernement a le pouvoir d’apporter du changement dans le transport à Maurice, il a aussi le pouvoir et le devoir de garantir l’emploi des travailleurs de ce secteur. « Une garantie verbale ne suffit pas, nous voulons quelque chose de concret. »
Il regrette également que le gouvernement n’ait pas jugé utile de discuter avec les stakeholders avant d’aller de l’avant avec ce projet. L’UBIW, affiliée à la GWF, fait partie de la plateforme anti-métro et soutiendra également toutes ses actions.